Rabobank négocie à grands frais sa reddition dans le scandale du Libor
Rabobank serait «le prochain sur la liste» à en croire Bloomberg. Selon des sources proches, le groupe coopératif néerlandais de services financiers négocie actuellement un accord avec les autorités américaines et britanniques concernant le scandale de manipulation des taux interbancaires. Rabobank n’a pas souhaité commenter l’information, mais pourrait être contraint de s’expliquer demain à l’occasion de la publication de ses résultats annuels.
Le montant des amendes infligées par la CFTC, régulateur des marchés à terme outre-Atlantique, par le Département de la Justice américain (DoJ), et par la FSA, gendarme des marchés outre-Manche, pourrait bien se situer entre ceux convenus dans le même dossier par Barclays en juin 2012 et par Royal Bank of Scotland le mois dernier, soit entre 330 et 470 millions d’euros. Loin certes de la sanction de 1,1 milliard dont UBS a écopé, portant l’ardoise totale pour l’instant à 1,9 milliard.
Des représentants du DoJ et du FBI se seraient récemment rendus à Londres pour interroger des salariés de Rabobank concernés, toujours présents au sein de la banque ou non, les autorités discutant désormais des détails d’un compromis avec les avocats du groupe. Rabobank a déjà indiqué coopérer sur le sujet avec les autorités de l’Union européenne, du Japon, de Hong Kong, de Singapour, de Suisse et des Pays-Bas, et aurait, selon la presse néerlandaise, licencié entre 2008 et 2011 quatre traders soupçonnés d’être impliqués dans la manipulation des taux interbancaires.
La signature d’un accord pourrait toutefois ne pas suffire à sortir tout à fait Rabobank de l’ornière, au même titre que ses concurrentes déjà réprimandées ou que celles encore en pourparlers. Leur réputation est mise à mal, même si Rabobank a annoncé sa sortie du panel de l’Euribor, et des procès ne peuvent être exclus. Le Wall Street Journal rapporte ainsi que seize établissements, parmi lesquels Barclays, RBS ou UBS, feraient front commun dans le cadre de poursuites aux Etats-Unis. Leurs avocats devraient demander dès la semaine prochaine à des tribunaux californien et new-yorkais le rejet d’une trentaine de plaintes au civil en quête du statut d’action en nom collectif (class action). Déposées par des plaignants allant selon le quotidien «du conducteur de tramway de San Francisco à la ville de Baltimore», ces poursuites visent des dommages de «plusieurs dizaines de milliards de dollars».
Plus d'articles du même thème
-
Le fil des négociations n’est pas rompu entre Washington et Téhéran
Après avoir rejeté durant le week-end le plan iranien destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz, Donald Trump s’attend à une poursuite des discussions cette semaine. -
«La correction sur les taux nous paraît excessive»
Mikaël Pacot, responsable Investissements Souverains et SSA chez BNP Paribas AM. -
«Nous demeurons constructifs sur les marchés actions»
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Sénatoriales : pour la première fois, le RN aura un groupe au Sénat
Associé à l'UDR d'Eric Ciotti, le Rassemblement national est sur le point de diriger un groupe au Sénat. Une première dans l'histoire du parti -
Lignes rougesRussie – Europe : l’étrange et inquiétante escalade
Face à des attaques hybrides russes de plus en plus affirmées, les Européens sont parfois pris au dépourvu. Ils planchent toutefois sur des modes collectifs de riposte -
EditoLa France au révélateur de la Léonmania
Que dit de notre pays l'incroyable succès de la visite du pape Léon XIV à Paris ?