Prêt d’Union vient concurrencer les banques sur le crédit à la consommation
Le marché français du crédit à la consommation compte un nouvel acteur. Après avoir levé 4,8 millions d’euros, Prêt d’Union lance aujourd’hui la première plate-forme française de crédit entre particuliers sur internet agréée par la Banque de France.
«Nous sommes partis d’un constat simple: le coût des crédits traditionnels est très élevé, mais l’épargne collectée par les banques pour les financer est faiblement rémunérée. D’où l’idée d’une plate-forme de désintermédiation, offrant des meilleurs taux aux emprunteurs et aux investisseurs», explique Charles Egly, co-fondateur et président du directoire du groupe, qui a passé sept ans chez BNP Paribas.
Les investisseurs avertis se verront attribuer des obligations et l’argent collecté sera redistribué aux emprunteurs, selon un fonctionnement mutualisé. «Les emprunteurs peuvent bénéficier de taux entre 1% et 1,5% en deçà de la moyenne du marché», estime Charles Egly, soit des taux fixes compris entre 5,8% et 7,3% pour des crédits de 3 à 5 ans et jusqu’à 19.500 euros. En face, les investisseurs engagés sur les mêmes durées obtiendront des rendements de 5% à 7%. «Des investisseurs nous sollicitent déjà: ils sont attirés par le couple risque/rendement proposé, et par la diversification. Le risque ménage est très intéressant actuellement », assure Charles Egly.
Prêt d’Union table sur un volume annuel de crédit de 50 à 100 millions d’euros et vise à moyen terme entre 0,1% à 0,5% de part de marché. Cette fourchette, assez large, lui permettrait d’atteindre son point mort en fonction de la politique commerciale adoptée. Une fois rentable, le groupe envisage de répliquer son modèle à l’étranger, à commencer par l’Allemagne. Il ne prévoit pas, en revanche, de distribuer d’autres types de crédit.
Le Crédit Mutuel Arkea et le fonds de Xavier Niel, Kima Ventures, sont présents au capital du groupe à hauteurde 39,5% et 5,2% respectivement, le solde étant réparti entre fondateurs, salariés et investisseurs privés.
Si le concept du «peer to peer lending» pour le crédit à la consommation existait à l’étranger avec notamment Lending Club aux Etats-Unis, il n’avait pas franchi les frontières françaises en raison des règles strictes encadrant le crédit. Des sites de microcrédit destinés à financer des projets, notamment pour les auto-entrepreneurs, existent néanmoins. Ainsi, Babyloan.org permet depuis trois ans d’obtenir de tels prêts auprès de particuliers… sans verser d’intérêts.
Plus d'articles du même thème
-
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac. -
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut -
Think againPeut-on espérer de Donald Trump une « détente » ?
Ce scénario de « la stabilité stratégique constructive » avancé par Xi Jinping aurait de quoi séduire n’importe quel président normal, comme dirait l’autre. Mais l'Américain n’est pas normal. -
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ».