Paris prépare sa réforme bancaire pour la fin de l’année
Paris n’attendra pas les suites du rapport Liikanen pour agir. Pierre Moscovici a confirmé hier au Parisien qu’il présenterait avant la fin de l’année un projet de loi de réforme bancaire.
Alors que le groupe d’experts présidé par l’ancien ministre finlandais des Finances a prôné mardi un cantonnement des activités de marché au sein des banques, la France mettra donc sa propre solution en place avant que Bruxelles ne fasse une proposition législative à l’échelle européenne.
«L’idée est de séparer les activités utiles à l’économie, à l’investissement, à l’emploi, des activités spéculatives, a indiqué Pierre Moscovici. Ce sera une loi d’encadrement et d’interdiction. On ne remettra pas en cause notre modèle de banque universelle. En revanche, nous serons impitoyables avec les excès.»
Le gouvernement attendait les conclusions du rapport Liikanen pour alimenter sa réflexion, mais le Conseil de la régulation financière et du risque systémique (Corefris) a engagé dès cet été une consultation de place, menée en pratique par le Trésor.
Entre les banques, les entreprises et même les associations de consommateurs, le consensus aurait été très large: d’accord pour écarter des activités bancaires ce qui n’a pas de lien avec le service rendu au client, mais pas question de perturber un modèle français de banque universelle jugé résistant pendant la crise.
«Les entreprises françaises n’ont pas envie de se retrouver avec Goldman Sachs comme seule contrepartie pour couvrir leur risque de taux ou de change», souligne un proche des discussions. A la Banque de France, le gouverneur Christian Noyer plaide lui aussi pour une solution de type Volcker, avec l’arrêt des activités les plus spéculatives.
Le périmètre desdites activités est crucial. Le rapport Liikanen a choisi une définition large, qui inclut la tenue de marchés. Ce qui vaut à BNP Paribas, à la Société Générale et à Crédit Agricole SA de dépasser largement le seuil de 15% à 25% d’actifs de trading rapportés au total de bilan.
Mais l’approche française pourrait être moins restrictive. «Le market making est utile, pour le financement des entreprises par exemple, reconnaît-on à Bercy. Le marché secondaire des obligations a besoin d’être animé par les banques pour que le marché primaire puisse fonctionner normalement».
Reste à savoir si cette vision de technicien trouvera sa traduction dans les arbitrages politiques qui seront rendus d’ici à fin 2012.
{"title":"","image":"78806»,"legend":"Les banques fran\u00e7aises et le rapport Liikanen. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe a rattrapé son retard de croissance sur Wall Street
Alors que l’attention des investisseurs se focalisait sur le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les entreprises européennes affichent, pour l’heure, une croissance bénéficiaire proche de 30% sur un an au troisième trimestre, équivalente à celle de leurs homologues américaines. Cela n’était pas arrivé depuis trois ans mais doit encore se concrétiser dans les cours. -
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
Tokyo compte bien séduire les investisseurs avec ses obligations résilience
Après le succès de sa première émission réalisée en 2025, le gouvernement de Tokyo souhaite développer le concept et créer un marché de la résilience afin de financer d’importantes infrastructures capables de protéger la population et l’économie du pays.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion -
EditorialCNews, LFI : le piège démocratique
Pluralisme : pourquoi vouloir interdire CNews ou dissoudre LFI est un piège démocratique