« Nous sommes revenus dans un monde imprévisible »
Comment le Covid-19 a-t-il été vécu par les entreprises françaises, et notamment les banques ?
Après la phase de sidération initiale, les services de mobilité internationale ont dû faire face à une situation d’une incroyable complexité, caractérisée par des interdictions de voyages, des quarantaines et des restrictions sur les visas. Aujourd’hui, toute la difficulté réside dans la capacité de ces services à modéliser une situation asymétrique qui alterne entre espoir de retour à la normalité et maintien d’un état critique dans certaines régions du monde. Le Covid-19 a littéralement plongé l’expatriation dans un monde imprévisible. Dans le secteur bancaire, on observe qu’un certain nombre d’établissements ont prolongé les missions d’expatriation. La question reste maintenant de savoir pendant combien de temps les entreprises pourront temporiser.
Précisément, que ressentent les expatriés ?
Il existe un décalage entre les attentes et la réalité. La perception est aussi très différente entre les expatriés et leurs conjoints : si les premiers restent séduits par les enjeux d’une nouvelle aventure professionnelle, les conjoints subissent les inconvénients d’une expatriation sans en recueillir les avantages habituels. Ce sentiment n’est pas toujours compris par les sièges des entreprises, convaincus que tout un chacun est confronté aux mêmes difficultés. Or ce n’est pas toujours vrai : l’école à la maison continue à être en vigueur dans certains pays, ce qui n’est plus le cas en France. Et l’idée que la compensation financière résout toutes les difficultés est un mythe.
Quel sera l’impact de la pandémie sur les politiques d’expatriation ?
Dès l’an prochain, il est probable qu’on assiste à un important travail de filtrage et de remise à plat de toutes les pratiques nées durant le Covid-19 : le pilotage à distance, contraint par l’absence de visas, en fait partie. Ce travail donnera nécessairement lieu à une redéfinition du profil de l’expatriation et réduira les mobilités externes inutiles.
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