Nomura et Banca Monte Paschi di Siena s’affrontent sur le terrain judiciaire
La bataille judiciaire s’engage autour des déboires de Banca Monte Paschi di Siena (BMPS). Nomura a déposé le 1er mars dernier une plainte à Londres contre la troisième banque italienne, le jour même où cette dernière prenait la même action à son encontre devant un tribunal de Florence. Au centre du bras de fer, deux contrats dérivés baptisés Alexandria et Santorini, dont Nomura et Deutsche Bank ont été les arrangeurs respectifs.
Ces contrats ont entraîné quelque 730 millions d’euros de pertes. Nomura cherche à faire reconnaître devant un tribunal britannique la validité de ses contrats avec BMPS, a glissé une source proche du dossier citée par Bloomberg. Nomura a décliné toute demande de commentaire. Selon l’agence de presse italienne Ansa, qui cite le directeur général Fabrizio Viola, le prêteur transalpin réclame 700 million d’euros à Nomura et à ses anciens dirigeants, ainsi que 500 millions d’euros à Deutsche Bank et à son ancienne direction. Ces demandes ont été entérinées par un conseil d’administration qui s’est tenu début mars. Au premier rang de ces anciens collaborateurs figurent l’ex-président Giuseppe Mussari et l’ancien administrateur délégué Antonio Vigni. L’ancien directeur financier Gianluca Baldassari a été arrêté mi-février dans le cadre de cette enquête.
BMPS fait l’objet de l’attention des régulateurs et des enquêteurs qui suspectent la banque d’avoir utilisé ces deux produits dérivés et un troisième, Nota Italia, pour cacher des pertes. Dans le cas de l’opération Santorini, qui n’a jamais été pleinement rapportée aux investisseurs, la banque a fait un pari malencontreux sur de la dette souveraine italienne. BMPS a indiqué qu’Alexandria et Santorini masquaient des pertes antérieures et que la juste valeur d’une troisième opération, Nota Italia, n'était pas traduite de manière adéquate, gommant quelque 730 millions d’euros d’actifs en 2012. Les investigations portent au bout du compte sur des manipulations de marché supposées, des fraudes comptables et une obstruction à l’activité des régulateurs durant la prise de contrôle de Banca Antonveneta en 2007, ainsi que des fraudes liées aux produits dérivés.
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