Natixis va diversifier ses outils de financement en recourant aux Pfandbriefe allemands
Dans un contexte de resserrement du crédit bancaire, Natixis se tourne vers l’Allemagne pour stimuler ses financements dédiés à l’immobilier. La banque française prévoit la création d’une banque hypothécaire basée à Francfort et baptisée Natixis Pfandbriefbank. Elle sera détenue en totalité par Natixis et son conseil d’administration comptera deux fins connaisseurs de son modèle : Ralf Wittenbrink et Henning Rasche, lequel a été jusqu'à mi-2010 le président de l’association des banques hypothécaires allemandes (VDP). Une demande de licence auprès de la BaFin, le régulateur allemand, a été déposée dans cette perspective.
La Pfandbriefbank, une structure régie par le droit bancaire allemand, se concentre principalement sur deux segments : les financements publics et les financements immobiliers. La législation allemande permet aux établissements dotés d’une licence d'émettre des obligations sécurisées (Pfandbriefe) pour se refinancer. Natixis indique que sa filiale allemande se focalisera sur le «financement de transactions immobilières commerciales en Europe, et plus particulièrement en Allemagne et en France». Elle pourra ainsi viser le marché parisien, en particulier prime, qui reste attractif aux yeux des investisseurs.
«La part éligible des actifs sera refinancée au moyen d’émission d’obligations adossées à des crédits immobiliers (Hypothekenpfandbriefe)», précise la banque hexagonale. Le principal et les intérêts des obligations sont ainsi garantis à tout moment par un pool d’actifs supervisé par un agent fiduciaire indépendant. Pour la part non éligible, la banque peut avoir recours à des émissions non sécurisées. Un système qui doit permettre à Natixis de diversifier ses outils de financement.
Un autre établissement bancaire a également affiché hier cette volonté de diversification. Le britannique Lloyds Banking Group (LBG) est venu tester le marché de la dette senior non sécurisée, fermé depuis juillet à la plupart des établissements. Il a placé 1,5 milliard d’euros à cinq ans. LBG a offert un rendement supérieur de 305 points de base au taux swap de référence, une prime qualifiée d'«impressionnante» par la Société Générale. BNP Paribas, Deutsche Bank et JPMorgan ont piloté l’opération avec l'émetteur.
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