Natixis profite en Bourse de ses ambitions plus limitées que celles de ses grands rivaux
Une fois n’est pas coutume, Natixis a été relativement épargnée par rapport à ses concurrentes depuis que les investisseurs ont sonné la curée sur les marchés vis-à-vis des établissements français.
Au cours des deux dernières semaines, entre les cours de clôture des vendredi 5 et 19 août, la filiale cotée du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d’Epargne) a reculé de 6%. Une chute limitée comparée à celles de la Société Générale (-24%), de BNP Paribas (-19,4%) et du Crédit Agricole SA (-14,5%) aux mêmes dates.
Cette différence de traitement se vérifie depuis le début du mois de juillet, en pleine crise de la dette souveraine, les homologues de Natixis ayant respectivement reculé de 51%, 40% et 43%, alors qu’elle perdait dans le même temps un peu moins de 20%.
«Le parcours boursier de Natixis se situe dans la continuité de ses comptes semestriels [publiés le 4 août, ndlr]. Ses résultats supérieurs aux anticipations des analystes, ce malgré un effet de base défavorable du deuxième trimestre 2010, ont contrasté avec l’avertissement de la Société Générale sur ses bénéfices prévus en 2012», explique un analyste. Cette révision à la baisse avait d’ailleurs donné lieu à diverses rumeurs sur de prétendus problèmes de liquidité de la Générale et servi de prétexte à la vente massive de ses titres.
L’autre élément ayant joué en faveur de Natixis est son exposition limitée à la dette souveraine de la périphérie de la zone euro, à l’instar de sa maison-mère. Ainsi, sa participation au plan d’aide à la Grèce n’a pesé que 15 millions d’euros sur les comptes de Natixis au deuxième trimestre, contre 534 millions pour BNP Paribas et 395 millions pour la Société Générale.
Enfin, la cure d’amaigrissement subie par Natixis depuis la crise financière de 2008 dans les activités de marchés a au moins eu le mérite de réduire son exposition à la volatilité dans ces métiers. La filiale de BPCE s’est même payé le luxe d’afficher une progression de ses revenus sur les marchés de taux comme d’actions au deuxième trimestre.
«[Natixis] nous apparaît aujourd’hui paradoxalement comme une des valeurs les plus sûres et les moins chères dans le monde bancaire européen», avait conclu à l’époque Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities. Il semble que les investisseurs partagent cette opinion.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre