Natixis étudie l’apport de son courtage actions à Oddo
Un accord pourrait être annoncé d’ici à la fin de l’année. La réglementation MIF 2 bouscule le modèle économique du cash actions.
Publié le
Alexandre Garabedian
La création de plates-formes européennes de courtage actions répond à une logique industrielle.
-
Photo UE European Commission.
Un nouveau mariage à caractère défensif se profile dans le courtage actions. Natixis et Oddo BHF discutent du rapprochement de leurs activités, dont le modèle économique sera secoué par l’entrée en vigueur de la directive MIF 2 en janvier 2018, indiquent à L’Agefi plusieurs sources internes et externes. Selon l’une des sources, certains clients des courtiers auraient même été discrètement sondés pour connaître leur réaction au projet.
Les deux parties souhaitaient initialement aboutir avant la fin du mois. Les sources évoquent désormais une annonce possible la première quinzaine de décembre, ou en tout cas avant Noël. Laurent Mignon, directeur général de Natixis – qui connaît bien Oddo, dont il a été associé – aurait par ailleurs indiqué devant des salariés du groupe cette semaine qu’une réflexion sur le cash actions était en cours, et que des annonces seraient faites d’ici à la fin de l’année sur l’avenir de ce métier en mal chronique de rentabilité. Dans son plan stratégique 2020 présenté le 20 novembre, Natixis indiquait vouloir abaisser à 60% le ratio coûts/revenus de sa banque d’investissement.
Impact social
Ni la filiale de BPCE, ni Oddo, ne souhaitaient hier commenter l’information. Le schéma de rapprochement ne serait pas totalement arrêté, mais la voie est claire : c’est Natixis qui apporterait à Oddo ses équipes d’intermédiation actions. Le périmètre concerné, qui n’est pas logé aujourd’hui dans une entité juridique dédiée car Natixis Securities a été absorbé par Natixis SA il y a plusieurs années, comprend le courtage (vente, trading…) et la recherche, soit moins d’une centaine de collaborateurs. Le reste de la recherche, notamment crédit, resterait au sein de la banque cotée, de même que les activités de primaire actions (ECM).
Le groupe suivrait ainsi la voie choisie en 2012 par le Crédit Agricole, qui avait apporté son broker CA Cheuvreux à Kepler, et, il y a une dizaine d’années, par BNP Paribas, allié à Exane. De quoi susciter des craintes légitimes chez les salariés du groupe. L’intégration de CA Cheuvreux à Kepler avait entraîné un bain de sang social : 290 suppressions de postes sur 360 en France, et 500 sur 700 en Europe. Un plan de départ que la banque verte avait financé en versant une soulte à Kepler. Entre Oddo BHF, qui couvre aujourd’hui 400 valeurs au travers de cinq implantations, et Natixis, les doublons ne manqueraient pas non plus. «Si les discussions se prolongent, c’est aussi pour éviter de reproduire ce qui s’est passé avec Kepler Cheuvreux», nuance un proche du dossier.
La création de plates-formes européennes de courtage actions répond à une logique industrielle. Le cash actions est l’un des métiers historiques d’Oddo, qui a pris une dimension européenne – ou tout du moins franco-allemande – avec les rachats de Seydler et BHF. Le groupe a décroché en 2017 la première place du classement qualitatif Extel des brokers sur valeurs françaises. Kepler Cheuvreux, lui, ne cesse de faire grossir sa pelote, et vient d’annoncer un accord avec Belfius (lire l’encadré).
La difficulté à rentabiliser ce métier a déjà poussé des banques comme UniCredit et Rabobank à en sortir. Si le choix de Natixis se confirme, la Société Générale resterait la seule grande banque d’investissement française à contrôler son broker. En imposant la stricte séparation des frais de recherche et d’exécution, MIF 2 complique encore l’équation. Pour optimiser un poste de coûts qu’ils ne payaient pas jusqu’à présent, les investisseurs devraient fortement réduire le nombre de courtiers auxquels ils ont recours, et faire chuter le prix de la recherche.
Kepler Cheuvreux a annonc\u00e9 jeudi qu\u2019il proposera son offre de courtage actions et recherche \u00e0 la client\u00e8le institutionnelle et fortun\u00e9e de la banque belge Belfius. A la diff\u00e9rence des pr\u00e9c\u00e9dents partenariats nou\u00e9s par le courtier parisien, celui-ci n\u2019entra\u00eene pas de reprise d\u2019activit\u00e9, Belfius \u00e9tant pr\u00e9sent sur le primaire actions (ECM) mais pas le brokerage<\/em>. Belfius prendra au passage 5,2% de Kepler Cheuvreux, sans augmentation de capital. Il rejoint au tour de table Blackfin (17,6%), CA CIB (15,1%), la Caisse des d\u00e9p\u00f4ts (9,7%), Swedbank (6%), UniCredit (5,2%), Rabobank (5%), Ark\u00e9a (4,4%) et les dirigeants et salari\u00e9s (31,9%).<\/p>\n»,"format":"light_html"}}
Des produits structurés sur l'action Stellantis, quand celle-ci était au sommet, ont été massivement vendus à des épargnants aujourd'hui en passe de tout perdre. Un cas d'école dans ce marché où les flux de collecte restent élevés.
La banque suisse a dépassé les attentes au premier trimestre. Elle maintient son objectif de 3 milliards de dollars de rachats à l'été, en attendant l’évolution des débats parlementaires autour de ses contraintes en capital.
Un document de travail, dont le leader de Place publique s’est démarqué, avant sa révélation par Politico, suggère de désinvestir les classes populaires et les banlieues pour se concentrer sur un électorat « cible » en vue de la présidentielle de 2027 : des urbains, diplômés et aisés, jugés plus réceptifs à une offre sociale-démocrate
Guerre commerciale, IA et statut de Taïwan... Les sujets de discorde entre les deux dirigeants ne manquent pas, alors que l’ombre du conflit iranien plane sur leur rencontre
Attention collector ! Swatch et Audemars Piguet s'associent pour la Royal Pop, une collection de huit montres de poche en biocéramique inspirée de l'iconique Royal Oak, disponible dès le 16 mai en boutique.