La rentabilité, clé de voûte du nouveau plan de Natixis
Natixis conclut son plan stratégique «New Frontier» 2014-2017 en bonne posture, comme l’ont confirmé les résultats de la filiale de BPCE au cours des neuf premiers mois de l’année. Son nouveau plan «New Dimension» 2018-2020 entend consolider les choix entérinés précédemment (concentration sur la gestion d’actifs, l’assurance, la banque de grande clientèle et les services financiers spécialisés), grâce une rentabilité accrue.
«La stratégie de Natixis est de développer les métiers les moins consommateurs en capital et d’être le plus discipliné possible dans la gestion de son capital, c’est-à-dire de ne pas garder d’excédent de fonds propres à son bilan», indique à L’Agefi Laurent Mignon, son directeur général. Objectif: rendre le groupe plus agile dans un environnement plus aléatoire.
Le groupe vise notamment un rendement des fonds propres tangibles (ROTE) ambitieuse, situé entre 13 et 14,5% en 2020. Le plan stratégique précédent vise un ROTE entre 11,5 et 13% fin 2017, sachant qu’il a atteint 12,2% pour les neuf premiers mois. Cette rentabilité, associée à un objectif de croissance des RWA limitée à 2% par an et un objectif de ratio de fonds propres CET1 de 11% en 2020, devrait générer 4 milliards d’euros de capital libre.
De quoi s’assurer les bonnes grâces des actionnaires, puisque Natixis prévoit de distribuer au minimum 3 milliards de dividendes. Un milliard supplémentaire sera consacré aux acquisitions (en particulier dans la gestion d’actifs), ou, à défaut, redistribué sous forme de dividendes supplémentaires. In fine, le groupe promet un taux de distribution minimum de 60%. Les actionnaires seront donc a priori mieux traités que dans le plan précédent: le pay-out était fixé à 50% minimum et le montant dédié à la croissance externe à 1,5 milliard d’euros.
Sur le plan de l’activité à proprement parler, «le plan New Dimension s’inscrit dans la continuité de New Frontier, avec deux inflexions : un investissement plus marqué dans le digital, de 450 millions d’euros sur la période 2018-2020, et la volonté de se différencier dans chacun de nos métiers», précise Laurent Mignon. Par différenciation, le directeur général entend la gestion active dans le métier de la gestion (lire par ailleurs), les expertises de Natixis dans les activités de grande clientèle (énergie, infrastructures, aéronautiques, matières premières), en se concentrant sur la désintermédiation, et pour finir les paiements, dans lesquels Natixis compte injecter 150 millions d’euros jusqu’en 2020 (compris dans les investissements digitaux) pour disposer d’une offre complète.
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