Munich Re subit de plein fouet les turbulences sur les marchés
Lourdement touché en début d’année par l’impact des tremblements de terre au Japon et en Nouvelle-Zélande, Munich Re est repassé dans le vert au troisième trimestre. Mais avec 286 millions d’euros, en chute de 62,6% sur un an, le bénéfice demeure nettement inférieur aux attentes. Ce ne sont pas les effets de nouvelles catastrophes naturelles qui se font ressentir mais les turbulences sur les marchés financiers. Rien que ses revenus tirés de ses placements, d’un volume total de 205 milliards d’euros, ont chuté de 39% à 1,34 milliard. Le groupe a aussi dû, une nouvelle fois, déprécier 230 millions d’euros sur ses obligations grecques qui ont pesé pour 45 millions d’euros sur le bénéfice net.
Désormais, Munich Re n’est plus exposé qu’à hauteur de 600 millions d’euros à la dette grecque. Parallèlement, le groupe a considérablement réduit son exposition à la dette italienne, à 3,6 milliards d’euros contre 5,3 milliards d’euros à la fin du second trimestre. Ainsi son exposition dans les obligations des Etats européens en difficulté est revenue à 8,2 milliards d’euros. Il en va de même de ses placements en actions qui ne représentent plus que 2% de son portefeuille d’actifs contre 4,4% auparavant. En échange, le groupe a renforcé son engagement dans des obligations allemandes, françaises et néerlandaises. «La persistance des turbulences sur les marchés financiers nous oblige à davantage diversifier nos placements», a expliqué le directeur financier, Jörg Schneider.
Pour les mois à venir, Munich Re s’affiche relativement serein, malgré «l’impact important» qu’auront les inondations en Thailande. Le groupe table sur un bénéfice net au quatrième trimestre qui devrait lui permettre de dégager aussi un résultat positif sur l’ensemble de l’année, sans donner plus de prévision. Après neuf mois d’exercice, son résultat net ressort à 80 millions d’euros. Munich Re promet de verser un dividende inchangé à 6,25 euros par action.
Dans son cœur de métier, le groupe mise sur une hausse des entrées de primes. Au cours des neuf premiers mois de l’année, elles ont augmenté de 9,1% à 37,2 milliards d’euros, toutes activités confondues. Toutefois, elles ne seront pas suffisantes pour compenser l’impact des catastrophes naturelles. Munich Re s’attend à boucler l’exercice actuel avec un ratio combiné dans la réassurance de 113%.
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