Moody’s sanctionne la faible profitabilité des banques allemandes et autrichiennes
Moody’s poursuit son tour d’Europe des banques, entamé en février, avec le même résultat: des dégradations de notes en série. Hier, ce sont les établissements allemands et autrichiens qui ont fait les frais de cette revue destinée à prendre en compte les effets de la crise en zone euro. A l’exception de Deutsche Bank, dont le cas sera traité fin juin en même temps que les grandes banques d’investissement internationales.
Côté allemand, Moody’s a procédé à des dégradations d’un cran, notamment pour Commerzbank, dont la note long terme est ramenée à A3 avec perspective négative. Même sanction pour la filiale locale d’UniCredit. Même si les difficultés des banques espagnoles tiennent aujourd’hui le haut de l’affiche, l’agence de notation n’occulte pas les faiblesses de leurs concurrentes allemandes.
Les dégradations reflètent «le risque accru de chocs supplémentaires émanant de la zone euro, en combinaison avec une capacité limitée d’absorption de pertes». Moody’s invoque notamment une faible base de capital lorsqu’on la rapporte aux encours non pondérés du risque (4%), ainsi qu’une capacité bénéficiaire peu élevée avant même la prise en compte des provisions. «La profitabilité avant coût du risque devrait rester basse», estime l’agence, en raison du caractère très concurrentiel du marché domestique allemand.
Le constat vaut aussi pour les banques autrichiennes, expliquant la dégradation d’un cran de Raiffeisen et Bank Austria, et de deux crans d’Erste Bank. S’y ajoute l’exposition de ces prêteurs aux économies d’Europe centrale et orientale. «Erste a des expositions de taille à la Roumanie et la Hongrie», où subsistent des risques de nouvelles pertes, «et sa moindre diversification la rend plus dépendante des développements dans les autres économies de la région comme la République tchèque et la Slovaquie», précise Moody’s. Au total, le taux de prêts à problème des banques autrichiennes représentait 11% de l’encours brut à fin 2011, contre 9,9% un an plus tôt.
Ces décisions étaient cependant anticipées. «Elles sont assez justes et ne devraient pas affecter les spreads de crédit, qui en tenaient déjà compte», estime RBS. Pour Dominique Daridan, chez Aurel BGC, «Moody’s a bien traité les banques allemandes, en raison à notre avis de l’environnement favorable de l’économie allemande et des facilités qu’ont aujourd’hui ces banques pour se refinancer sur les marchés.»
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