Moody’s relativise l’impact du Brexit pour les institutions financières britanniques
L’agence de notation Moody’s estime que la perte du passeport européen dans le sillage du Brexit ne devrait avoir qu’un «impact modeste» sur la plupart des banques et institutions financières qu’elle note.
Le passeport européen permet à une société qui a obtenu un agrément de la part de l’autorité de son pays d’origine d’exercer ses activités dans le reste de l’Union européenne (UE). Or, le Brexit remet en cause ce dispositif. «Le passeport européen est lié au marché intérieur et tombe automatiquement à partir du moment où la Grande-Bretagne n’appartient plus à l’espace économique européen. Cela aura sans doute un effet décisif sur l’avenir de la City», a ainsi déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, à des médias européens.
Aux dires de Moody’s, la perte du passeport signifie que beaucoup d’entreprises basées à Londres «devront au minimum demander une autorisation pour exercer leurs activités dans d’autres Etats ou, au pire, devront déplacer des équipes et des opérations dans l’espace économique européen». Ces restructurations pourront se traduire par une augmentation des coûts et peser sur le profil de crédit des institutions concernées, mais l’impact devrait être «gérable», selon l’agence.
Celle-ci note cependant que les conséquences devraient différer grandement selon l’activité exercée. La régulation britannique pourrait en effet être reconnue comme «équivalente» à celle de l’UE. Cette option contenue dans la réglementation MIF 2 sur l’organisation des marchés financiers permettrait à des sociétés basées en Grande-Bretagne d’exercer beaucoup de leurs activités de marché comme avant. Reste que MIF 2 n’entre en application qu’en 2018 et que la reconnaissance de l’équivalence appartient à la Commission. Qui plus est, le concept d’équivalence n’existe pas pour toutes les réglementations. Ainsi, selon Moody’s, les banques britanniques qui ont des succursales dans l’UE devront probablement demander des autorisations locales pour y exercer leurs activités de prêt tandis que les activités de gestion d’actifs pourraient devoir se réorganiser.
Dans tous les cas, l’agence estime qu’«il est probable que des banques et institutions financières choisissent de déménager leurs activités basées en Grande-Bretagne dans l’UE avant que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni ne soient terminées», étant donné l’incertitude qui existe aujourd’hui sur leurs résultats et sur les possibilités d'équivalence.
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