Monte dei Paschi signe le plus gros échec à l’examen de la BCE
Les résultats des tests de résistance, dimanche, ont confirmé ce que les observateurs soulignent depuis plusieurs années: les prêteurs italiens constituent le maillon faible du secteur bancaire en zone euro. Sur les 25 établissements recalés à la BCE fin 2013, neuf viennent de la Botte. Et même en tenant compte des capitaux levés depuis le 1er janvier, l’Italie affiche encore le plus fort contingent de mauvais élèves: Monte dei Paschi, Carige, et deux banques populaire, BP Milano et BP Vicenza.
Monte dei Paschi constitue le cas le plus urgent à traiter. Malgré les 2,14 milliards d’euros de fonds propres nets levés cette année après une augmentation de capital de 5 milliards, la troisième banque italienne affichait encore fin septembre 2014 un déficit en capital de 2,11 milliards, le plus gros échec à l’examen de la BCE. Le cours de Bourse, qui avait rebondi de près de 20% la semaine dernière sur la rumeur de tests réussis, devrait s’en ressentir ce matin.
MPS a mandaté UBS et Citigroup pour étudier toutes les options: un mariage avec un concurrent – Ubi Banca aurait sa préférence, selon Il Messaggero –, des cessions d’actifs ou une émission hybride dont rien ne dit qu’elle pourrait intéresser les investisseurs. Un portefeuille de prêts non performants de 1,2 milliard d’euros serait déjà sur le marché et intéresserait les fonds Algebris et Fortress. La rumeur évoque aussi des ventes d’agences bancaires. Le sujet intéresse Axa, qui est lié par un accord de bancassurance à Monte dei Paschi au travers d’une société commune.
Carige devra pour sa part lever au moins 814 millions d’euros. La caisse d’épargne de Gênes, comme MPS, a déjà sollicité le marché actions cet été avec une augmentation de capital de 800 millions d’euros. En revanche, la Banque d’Italie a indiqué hier que BP Milano et BP Vicenza, encore trop courtes de 166 et 223 millions d’euros de capital à fin septembre, passeraient entre les gouttes. En tenant compte de mesures correctrices qui n’ont pas été détaillées (sans doute des cessions d’actifs), les deux banques populaires afficheraient désormais des excédents de 713 millions d’euros, pour la première, et de 30 millions seulement, pour la seconde.
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