Monte dei Paschi opte pour un renflouement préventif de 5 milliards
Après des mois de valse-hésitation, Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS) va enfin lancer son appel au marché. Le conseil d’administration de la banque italienne a décidé à l’unanimité vendredi de lever 5 milliards d’euros, au lieu des 3 milliards annoncés en novembre dernier. Ce coussin supplémentaire doit lui permettre d’absorber «les éventuels impacts négatifs» de la revue des actifs de 128 établissements de la zone euro, menée par la Banque centrale européenne (BCE).
Jusqu’à présent, MPS voulait solliciter les investisseurs pour rembourser les 4,1 milliards d’aide publique reçus l’an dernier. Elle compte rendre 3 milliards dès cette année. Conduite notamment par UBS et Mediobanca, sa levée de fonds est prévue entre mi-juin et mi-juillet, après son approbation par une assemblée générale extraordinaire entre les 20 et 22 mai.
L’examen de la BCE pourrait conduire la plus vieille banque du monde à nettoyer davantage son bilan au prix de dotations supplémentaires sur ses portefeuilles de crédits. Les risques de défaut des emprunteurs étant notoirement sous-évalués par le secteur bancaire italien, UniCredit et Intesa SanPaolo ont déjà pris les devants, en passant 21 milliards de provisions en 2013. Sauvé de la faillite et en proie à plusieurs scandales judiciaires, MPS n’avait pas une telle latitude: le groupe espère renouer avec les profits en 2015 au plus tôt. L’an dernier, elle a accusé une perte de 1,44 milliard d’euros, plombée par de nouveaux coûts de restructurations et ses provisions (2,75 milliards).
Si l’augmentation de capital de MPS réussit, son ratio de fonds propres durs Bâle 3 atteindra 11,3%, assure la banque. Actuellement à 9,89%, il plafonnerait en fait à 6,4% en appliquant totalement les règles de Bâle 3. «Les règles transitoires de Bâle 3 en 2014 offrent une vision très inexacte de la solidité du capital», écrivait récemment Alberto Cordara, analyste chez BoA Merrill Lynch qui cite «les aides d’Etat comptabilisées dans les fonds propres de base», alors que les pertes sur titres souverains disponibles à la vente (AFS) en sont«exclues».
Actionnaire historique, la Fondation MPS avait bloqué la levée de fonds prévue en janvier car elle voulait auparavant se délester de ses titres, pour éviter sa propre insolvabilité. Selon la Consob, le gendarme italien des marchés, elle détenait encore 11% du capital au 11 avril, y compris les 6,5 % en passe d’être cédés aux sud-américains Fintech Advisory et BTG Pactual.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches