Monte dei Paschi devra trouver 2,5 milliards d’euros pour éviter la nationalisation
L’augmentation de capital prévue pour 2014 diluera fortement les actionnaires et n’exonérera pas le groupe de sacrifices supplémentaires
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Amélie Laurin
La valeur de leurs titres risque d’être divisée par deux. Les actionnaires de Monte dei Paschi di Siena (MPS) n’ont guère apprécié l’annonce d’une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros en 2014, soit l’équivalent de la capitalisation boursière actuelle de la banque italienne. Le cours de MPS a chuté de 5,1% hier matin, sa plus forte baisse en trois mois, avant de clôturer en repli de 2,8%.
Sauvée par les autorités en février, MPS devait initialement lever 1 milliard d’euros. Le montant bien supérieur annoncé dimanche par Fabrizio Saccomanni, le ministre italien de l’Economie, est le fruit d’un compromis avec le commissaire européen à la concurrence Joaquin Almunia, en marge d’un forum économique au lac de Côme. Les 2,5 milliards finalement escomptés devront contribuer au remboursement de 4,1 milliards d’euros d’aide d’Etat. Celle-ci permet à la banque d’afficher une solvabilité confortable, avec 6,64 milliards de fonds propres et un ratio de fonds propres durs de 11% (au lieu de 6,5% environ). Pout assurer son redressement, MPS devra également continuer à réduire ses coûts et se débarrasser d’une partie de son portefeuille obligataire, plombé par 29 milliards d’euros de dette souveraine italienne (à fin juin).
Outre la dilution de leurs titres, les investisseurs craignent que MPS ne parvienne pas à lever suffisamment de capitaux, après les malversations de ses dirigeants et près de 8 milliards d’euros de pertes en deux ans, sur fonds de récession en Italie. Si l’appel au marché échoue, le gouvernement devra convertir en capital la dette de la banque à son égard, et prendre de facto le contrôle de l’établissement. Un scénario catastrophe pour la classe politique en raison des liens historiques entre la banque et les partis de centre-gauche, actuellement au pouvoir.
Le comité de direction de MPS se réunira demain pour discuter du nouveau plan de restructuration, et se prononcera le 24 septembre. Le nouveau schéma devra ensuite être approuvé par le ministère de l’Economie avant d’être transmis à Bruxelles. Après le rejet cet été d’un premier plan de résolution, l’exécutif européen devrait se prononcer sous deux mois, a déclaré Joaquin Almunia. Si la Commission européenne donne cette fois-ci son feu vert, MPS fera appel au marché dans les douze mois suivants.
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