Monte dei Paschi décroche un coûteux soutien étatique
Rome prend la mesure du dossier Monte dei Paschi di Siena (MPS). Le conseil des ministres a approuvé hier des mesures d’urgence pour recapitaliser la troisième banque italienne par le total de bilan.
L’Italie s’est engagée à injecter jusqu’à 2 milliards d’euros sous forme d’instruments hybrides similaires aux 1,9 milliard d’euros d’obligations Tremonti – du nom de l’ancien ministre de l’Economie – que l’Etat détient déjà depuis 2009 chez MPS. Pour l’occasion, cette première tranche de titres sera remboursée et remplacée par 1,9 milliard d’euros de nouveaux instruments.
A l’issue de ce deuxième plan, l’exposition de l’Etat atteindra donc jusqu’à 3,9 milliards. Soit 1,6 fois la capitalisation boursière de l’établissement. Le coût des nouveaux titres n’est pas précisé, mais celui des obligations Tremonti s’élevait à 8,5%, non déductible. La banque pouvait cependant sauter le versement du coupon si elle ne payait pas de dividendes, ce qui a été le cas en 2011, année de lourdes pertes liées à des dépréciations de survaleurs. A 8,5%, MPS verserait jusqu’à 330 millions d’euros par an à l’Etat pour son soutien. «Le consensus prévoit actuellement 600 millions d’euros de bénéfices pour 2014», rappelait hier CA Cheuvreux avant l’annonce du gouvernement. La perspective d’une nette baisse du bénéfice par action a entraîné hier un repli de 5,3% du titre MPS.
La rallonge de 2 milliards a été dimensionnée pour parer à toute éventualité. La Banque d’Italie estime les besoins réels de recapitalisation de MPS «entre 1,3 et 1,7 milliard», indique Rome. Cette fourchette doit suffire au groupe pour atteindre au 30 juin le ratio de fonds propres durs (core tier one) de 9% imposé fin 2011 par l’Autorité bancaire européenne (EBA) au principaux prêteurs de la région.
A l’origine, l’EBA avait évalué à 3,27 milliards d’euros le déficit en capital de Monte dei Paschi, uniquement en raison de son exposition à la dette souveraine de l’Italie, qui atteint 26 milliards d’euros. Pour combler une partie du retard, la banque a cédé des actifs et validé un modèle avancé d’évaluation des risques qui lui permet d’économiser des fonds propres.
Le plan est soumis au feu vert de Bruxelles et à une restructuration de Monte dei Paschi. La banque a présenté hier à son conseil un plan stratégique 2015 qu’elle doit dévoiler aujourd’hui aux investisseurs. Les baisses de coûts devraient être à l’honneur.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt