Malakoff Humanis prend le contrôle du courtier Magnolia
Malakoff Humanis va payer pour entrer dans le monde des comparateurs. L’assureur est en négociations exclusives pour devenir actionnaire majoritaire de Magnolia, aux côtés du fondateur qui reste présent. L’opération comporte deux volets et concerne Primavera Holding, la structure de tête du groupe, qui détient entre autres Magnolia Web Assurances et Magnolia.fr, comparateur et courtier BtoC, mais aussi Eloïs Assurances et Simulassur, sur le segment BtoB, comme les courtiers et les conseillers en gestion de patrimoine (CGP).
A lire aussi: Meilleurtaux Placement acquiert le gestionnaire de fortune Honova
Malakoff Humanis va acheter la participation de Qualium, le fonds qui détient 49% du capital du groupe depuis septembre 2019. La négociation porte aussi sur une partie des actions de Gérald Loobuyck, président fondateur du groupe, encore détenteur de 51% des parts, afin que Malakoff Humanis devienne le premier actionnaire.
Le groupe serait valorisé autour de 300 millions d’euros, de l’ordre de 3 fois plus qu’en 2019, quand Qualium est entré au capital. Entretemps, le groupe a grandi, et il est devenu actionnaire majoritaire de Cheval Blanc Patrimoine en septembre dernier.
Malakoff Humanis prend le contrôle financier, mais la gouvernance du groupe reste, avec Gérald Loobuyck (61 ans) toujours président et actionnaire de référence. Alexandre Lamour, arrivé chez Magnolia à la faveur de l’acquisition d’une structure spécialisée dans l’acquisition de clients, jusqu’ici DGA, devient directeur général.
Garder son indépendance et la maîtrise de ses pratiques
Magnolia a l’objectif est de garder son indépendance et la maîtrise totale de ses pratiques. Fort d’une organisation commerciale bien rodée, le courtier basé à Rouen a su jouer des coudes et s’est hissé au premier rang sur le marché de la comparaison en assurance emprunteur avec une part de marché qui serait de l’ordre de 20%, devant Meilleurtaux notamment. Passé par AIG, Cardiff et Meilleurtaux, le fondateur Gérald Loobuyck connaît bien l’assurance emprunteur et les comparateurs.
Il a opportunément créé Magnolia en 2007, quand il ne faisait plus doute que les banques ne pourraient plus indéfiniment garder la main mise sur ce marché lucratif. A partir de 2010, de multiples textes (Lagarde, Hamon, Bourquin, Lemoine) ont visé à ouvrir le marché de l’assurance emprunteur à la concurrence. Le succès est mesuré et les banques font tout pour freiner cette ouverture, mais elle est suffisante pour permettre le développement de comparateurs. Les équipes sont en France, majoritairement à Rouen et donc pas concernées par le serrage de vis de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui vise les plateformes offshore qui cherchent à vendre de l’assurance santé.
Le courtier veut rester indépendant
«Cette opération s’inscrit dans une dynamique de renforcement des moyens du groupe Magnolia, avec une ambition claire : accélérer l’amélioration continue de ses produits et services au bénéfice des emprunteurs, tout en développant son pôle Santé et Epargne, notamment via sa filiale Cheval Blanc Patrimoine», explique un court communiqué de Magnolia faisant état de ces négociations exclusives avec Malakoff Humanis.
La prise de participation va donner des moyens financiers au groupe pour renforcer les offres et services proposés et notamment accélérer le développement du pôle santé et épargne. Malakoff Humanis enchaîne les opérations de croissance externe, après Kerialis et Unofi. Ici, nul doute que les récents développements dans la comparaison en santé et en épargne, et la prise de contrôle de Cheval Blanc Patrimoine, ouvrent des perspectives de développement.
Les seules activités de comparaison et courtage en assurance emprunteur, ne suffisent sans doute pas à justifier l’opération, même si elles sont très rentables. Sur le segment BtoC, Magnolia a publié un chiffre d’affaires de 16,3 millions d’euros et un résultat net de 5,4 millions d’euros en 2023, sur le segment BtoC, Eloïs a publié un chiffre d’affaires de 19,3 millions d’euros et un résultat net de 1,2 millions d’euros en 2024. Ni Qualium ni Malakoff Humanis n’ont fait de commentaires.
Plus d'articles du même thème
-
Les effets du conflit au Moyen-Orient restent gérables pour les assureurs
Après trois mois de conflit dans le Golfe et de blocage du détroit d’Ormuz, les pertes assurées liées restent pour le moment cantonnées à une partie restreinte du marché de l’assurance et de la réassurance dommages, selon les analystes de l’agence de notation de crédit Morningstar DBRS. Mais il n’en va pas de même dans un scénario de long terme. -
Les investisseurs institutionnels s'exposent prudemment aux actifs numériques
Près de la moitié des investisseurs institutionnels interrogés par Northern Trust déclarent une exposition aux actifs numériques. Les freins réglementaires et de gouvernance restent déterminants pour ceux qui n'ont pas encore franchi le pas. -
Almerys est à nouveau victime d'une cyberattaque
Le prestataire de tiers-payant qui travaille avec un grand nombre de complémentaires santé et de courtiers subit pour la deuxième fois en deux ans une attaque de grande ampleur sur ses données. Un épisode qui fragilise encore la chaîne de gestion des prestations de santé.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La Société Générale est la seule banque française retenue par SpaceX pour son IPO
- Arkema et Solvay ont adopté des stratégies de croissance divergentes
- Richemont surnage dans un secteur du luxe à l’arrêt
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
Contenu de nos partenaires
-
Ce qui nous attend« Avec l'IA, les entreprises vont avoir besoin de beaucoup d’experts à la croisée du juridique et de la tech »
Pour Vincent Huguet, cofondateur et CEO de Malt, le besoin de conformité à venir des entreprises pour satisfaire aux règlementations européennes va faire naître de nouveaux métiers, à l'image des délégués à la protection des données (DPO) lors du RGPD. -
InnovationNouvelles techniques de génétique végétale : les députés européens à l'heure des choix
Le cadre réglementaire européen pour les « nouvelles techniques génomiques » (NGT) de sélection variétale est entré dans sa dernière ligne droite, avec des oppositions farouches -
« C’est une capitulation » : la mise en garde de Bruno Retailleau au gouvernement sur l'immigration de travail
Interrogé par l’Opinion, le candidat des Républicains à la présidentielle dénonce la tentation de desserrer les critères de régularisation. « Comme d’habitude, le gouvernement risque de se coucher devant les injonctions de la gauche, accuse-t-il. Il ne cherche qu’une occasion d’ouvrir les vannes »