Mairead McGuinness appelle l’Europe à achever l’Union bancaire
La Commission européenne ne renoncera pas à achever l’Union bancaire », martèle Mairead McGuinness dans un entretien exclusif àL’Agefi Hebdo publié ce jeudi 21 juillet. En dépit des réticences que suscite le projet, la commissaire aux Services financiers estime que l’Europe « a plus à gagner à avancer qu’à faire du surplace ».
Initiée en 2013, l’Union bancaire s’est traduite par la mise en place d’un superviseur unique et d’un Fonds de résolution unique, alimenté chaque année par les contributions des banques. Une cotisation qui pèse lourd dans les comptes des banques françaises, qui redoutent d’être à nouveau « perdantes » si le troisième pilier de cette union, le système européen de garantie des dépôts, voit le jour. Sa création ne suscite pas non plus l’enthousiasme de l’Allemagne.
La commissaire McGuinness estime néanmoins que les Vingt-Sept peuvent dépasser ces critiques pour renforcer le système bancaire européen, à condition de disposer d’une « véritable volonté politique ». « Aujourd’hui, aucun Etat membre ne rejette l’Union bancaire, ils expriment des réserves sur la manière de l’achever », constate-t-elle. Lors de la réunion des ministres des finances (Ecofin) la semaine dernière, la Commission a présenté ses propositions pour améliorer le cadre de gestion des crises. «Une première étape» qui «ouvre la voie pour progresser sur les autres chantiers de l’Union bancaire», veut croire Mairead McGuinness. Il s’agira, notamment, d’encourager la liberté de circulation des capitaux afin de favoriser la formation de groupes bancaires européens transfrontières.
Préserver la rentabilité des banques européennes
Les Etats membres et le Parlement européen doivent aussi plancher sur la transposition de l’accord international de Bâle 3. Alors que les banques européennes craignent d’être handicapées par rapport à leurs concurrentes américaines, la commissaire estime que le paquet bancaire présenté à l’automne dernier « tient compte des spécificités du système bancaire européen ». « Nous avons entendu les critiques et c’est pourquoi nous avons adopté une démarche progressive avec des mesures transitoires notamment sur le crédit immobilier », rappelle-t-elle.
La « priorité » de Bruxelles est claire : s’assurer que « les banques sont solides et peuvent continuer à financer l’économie et les entreprises européennes ». Ce qui n’empêche pas de préserver leur rentabilité. « Nous veillerons à ce qu’elle ne soit pas affectée par la transposition de Bâle 3 », assure Mairead McGuinness.
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