L’utilisation massive des moratoires et des prêts garantis préoccupe les régulateurs
L’Autorité bancaire européenne (EBA) rapporte que 871 milliards d’euros avaient fait l’objet d’un moratoire sur les remboursements de prêts en juin 2020. Ce montant représente 6% du total des prêts bancaires et près de 7,5% du total des prêts aux ménages et aux entreprises non financières. Au total, 16% des prêts aux PME ont fait l’objet de moratoires, suivis de 12% des prêts immobiliers commerciaux et de 7% des prêts hypothécaires résidentiels.
Le recours aux moratoires pendant la crise sanitaire se révèle très différent selon les pays et les banques. Certaines d’entre elles ont indiqué à l’EBA que près de 50% de leurs prêts aux entreprises et aux ménages étaient soumis à des moratoires. Les banques chypriotes, hongroises et portugaises ont déclaré la proportion la plus élevée de ce type de prêts, tandis que les banques françaises, espagnoles et italiennes ont déclaré les volumes les plus importants.
Alors qu’à l’origine, au mois de juin, il était prévu que 50% des prêts sous moratoire expirent avant fin septembre 2020 et 85 % avant le 31 décembre, certains pays ont annoncé une prolongation automatique de ces moratoires au-delà de cette date.
« Les prêts sous moratoires sont probablement associés à un risque de crédit accru », souligne l’EBA. Alors que le ratio de prêts non performant, pour les prêts soumis à moratoire, était de 2,5% (légèrement inférieur à la moyenne de l’UE de 2,9% pour tous les prêts), environ 17% de ces mêmes prêts ont donné lieu à des provisions de précaution (dites S2), soit plus du double de la part du total des prêts. « Les banques doivent rester vigilantes et évaluer en permanence la qualité des actifs de ces expositions », met en garde l’EBA.
Par ailleurs, en juin 2020, les prêts nouvellement émis soumis à des systèmes de garantie publique, comme les prêts garantis par l’Etat (PGE) en France, s'élevaient à 181 milliards d’euros, soit 1,2% du total des prêts. Ces prêts ont été accordés principalement aux sociétés non financières, Pour 95% d’entre eux. Les banques espagnoles ont enregistré la part la plus élevée de nouveaux prêts garantis par rapport au total des prêts, devant les banques françaises, italiennes et portugaises qui ont également déclaré des volumes importants. Les banques d’autres pays européens ont déclaré des volumes très faibles, voire nuls.
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