Londres ouvre les vannes des bonus des banquiers
C’est une petite musique que l’on entend depuis longtemps dans les bureaux de la City. La limitation des bonus des banquiers imposée par l’Europe empêcherait Londres d’attirer les talents. Lors de la présentation du budget devant le parlement, le Chancelier Kwasi Kwarteng a annoncé que le plafonnement du bonus des banquiers serait supprimé. « Une économie britannique forte a toujours dépendu d’un secteur financier fort. Nous avons besoin que les banques créent des emplois ici, investissent ici, et paient des impôts ici, à Londres. Pas à Paris, à Francfort ou à New York », a insisté le Chancelier.
Actuellement, ce plafond limite les bonus des banquiers à 100% de leur rémunération fixe, ou 200% avec l’accord des actionnaires de la banque. Cette mesure avait été adoptée par l’Union européenne en 2013 et appliquée en 2014. Les Etats voulaient alors tirer les conséquences la grande crise financière de 2007 et éviter qu’une « course au bonus » ne provoque à nouveau des prises de risques inconsidérées. Mais, selon Kwasi Kwarteng le plafonnement des bonus a « fait monter les salaires fixes des banquiers ou les a poussés hors d’Europe. Cela n’a jamais limité leur rémunération totale ». Ces arguments ne sont pas nouveaux car depuis son adoption par Bruxelles, cette loi est régulièrement attaquée par la City. Après le Brexit, de nombreuses institutions financières avaient bon espoir qu’elle soit vite abandonnée, mais l’impopularité d’un tel acte avait fait reculer les gouvernements avant celui-ci.
Double bonus
Si les banquiers londoniens ne peuvent que se réjouir de la nouvelle, il n’est pas évident que cette mesure leur soit extrêmement profitable cette année. Les banques de financement et d’investissement ne sont pas à la fête. Le marché des introductions en Bourse et celui des fusions et acquisitions a fortement diminué. Les traders, de leur côté, restent pénalisés par l’environnement géopolitique très difficile. Finalement, les banquiers britanniques pourraient davantage se réjouir de la décision prise par le gouvernement d’abandonner à partir d’avril 2023 la tranche supérieure d’impôt sur le revenu à 45% appliquée à partir de 150.000 livres sterling (168.000 euros). Un bonus de plus.
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