Lloyds prépare l’IPO de son réseau TSB sur un marché londonien moins porteur

Le réseau d’agences TSB veut séduire les investisseurs individuels lors de la mise en Bourse de 25% de son capital, a priori en juin
Amélie Laurin

Lloyds Banking Group va enfin tourner la page TSB. Le groupe britannique quasi nationalisé compte introduire en Bourse 25% de cette enseigne de banque de détail le mois prochain, puis le solde d’ici à fin 2015. Les 631 agences britanniques de TSB (20% du réseau de Lloyds) auraient dû passer dans le giron de Co-operative Bank, avant que les déboires de cette dernière ne donnent un coup d’arrêt à la vente l’an dernier.

«La scission ne devrait pas faire une grande différence pour les fondamentaux financiers de Lloyds, estime CreditSights qui souligne l’autonomie acquise par TSB depuis 2009, lorsque la Commission européenne a ordonné sa vente en contrepartie du sauvetage public de Lloyds.

Le prospectus de la mise en Bourse devrait être disponible mi-juin. L’opération intervient toutefois dans un contexte compliqué pour les IPO britanniques. L’assureur Saga a dû réviser à la baisse ses ambitions et d’autres ont renoncé à leur cotation, dans le sillage de la marque de prêt-à-porter Fat Face. Après l’afflux des derniers mois sur le mid-market londonien, les investisseurs sont devenus sélectifs, alors que Santander UK, et OneSavings lorgnent aussi la Bourse.

Pour les amadouer, les titres TSB pourraient être proposés à un prix inférieur à la valeur comptable de 1,5 milliard de livres (1,85 milliard d’euros) de l’établissement, selon Reuters. Cela impliquerait une perte pour Lloyds. TSB espère aussi que les particuliers représenteront entre 15% et 20% des acheteurs. La banque leur proposera une action gratuite pour 20 achetées dans la limite de 2.000 livres, à condition qu’ils gardent les titres un an. TSB courtisera certainement les 4,5 millions de déposants qui font d’elle le septième réseau bancaire du pays, avec 6% de part d’un marché dominé par quatre mastodontes (Lloyds, RBS, Barclays et HSBC).

TSB s’engage aussi à verser un dividende sur ses résultats 2017 et à gonfler son bilan de 40% à 50% en cinq ans, en renforçant sa production de crédits immobiliers et son activité de comptes à vue. Au 31 mars, elle totalisait 23,3 milliards de livres de dépôts et 19,7 milliards d’actifs. Lloyds se veut rassurant sur la solidité de sa filiale. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 atteindrait 21,6% et TSB serait protégée par sa maison mère des «plaintes relatives à sa conduite passée».

L’an dernier, le régulateur britannique a condamné Lloyds à 28 millions de livres d’amende pour les pratiques commerciales illicites de TSB et Bank of Scotland.

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