Lloyds Banking Group jette le discrédit sur les banques britanniques
Lloyds Banking Group a changé de PDG avec l’arrivée d’Antonio Horta-Osorio, mais s’enfonce dans le rouge. La banque britannique détenue à hauteur de 41% par l’Etat a en effet annoncé hier avoir provisionné 3,2 milliards de livres au premier trimestre pour couvrir des coûts potentiels sur des ventes d’assurances emprunteurs (PPI, en anglais), faisant ainsi basculer ses comptes en situation de perte nette de 2,43 milliards de livres, soit 2,7 milliards d’euros.
La provision est la conséquence d’une décision rendue il y a deux semaines par la Haute Cour de Londres confirmant la décision du régulateur britannique, la FSA. Celle-ci a instauré un nouveau régime d’encadrement plus strict de la vente de produits d’assurance emprunteur, malgré la levée de bouclier de l’Association des banques britanniques. En imposant leurs propres contrats pour ces assurances afin d’empocher de juteuses commissions, les banques ont essuyé plus de 1,5 million de plaintes depuis 2005 de la part de clients s’estimant lésés.
Les analystes estiment que LBG est la banque la plus exposée à la nouvelle réglementation, en raison de sa part importante (environ 35%) sur le marché du PPI au Royaume-Uni. Mais le montant des provisions a surpris. La FSA elle-même avait chiffré à 4,5 milliards de livres le coût du dédommagement des clients mécontents pour l’ensemble du secteur bancaire. Ce qui, appliqué à Lloyds, donnait une facture de 1,5 milliard. Le chiffrage de la banque implique désormais une charge de près de 10 milliards pour le secteur. A moins que la banque ait eu, en proportion de sa part de marché, plus de litiges à déplorer, ou que son nouveau PDG ait voulu charger la barque à son arrivée. Les actions des banques britanniques ont nettement baissé hier.
«La question clé est de savoir s’il s’agit du dernier exercice de correction», se demande KBW. Or, les revenus ont plongé de près de 12% en un an à 5,2 milliards de livres, et la marge nette bancaire s’est contractée de 5 points de base à 2,07%, traduisant la hausse du coût de financement de la banque. Et Lloyds de payer son exposition au marché irlandais. Les charges pour dépréciation d’actifs sont ainsi passées de 2,4 à 2,6 milliards de livres d’un trimestre à l’autre, soit 500 millions de plus que les premières estimations, avec une provision de 1,14 milliard pour couvrir ses pertes en Irlande. L’action, qui a déjà baissé de 10% en trois mois, a ouvert jeudi en baisse de 5,2% à 55 pences.
Plus d'articles du même thème
-
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique. -
L'enquête interne de Malakoff Humanis éclaire le rôle d'un intermédiaire dans sa délégation de gestion
La société de conseil Thomas Vendôme Investment a obtenu contractuellement plus de 22 millions d'euros de commissions de la part de gérants retenus par Malakoff Humanis, selon de nouveaux documents révélés par Mediapart. -
Le marché obligataire envoie un sérieux avertissement à la France
A la veille de la présentation du budget, l’écart entre le rendement de l’OAT 10 ans et celui du Bund de même maturité a bondi à 127 points de base, pour la première fois depuis 2012, dépassant les scénarios redoutés par les stratégistes.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression. -
Légende noire« Il reste une empreinte idéologique assez forte d’Alain Soral sur le Rassemblement national »
Antisémitisme, virilisme et conspirationnisme : le politiste décrypte l’influence qu’a eue le polémiste antisémite sur Jordan Bardella dans ses jeunes années au Front national -
Ses mains ont la parole
C’est en Suisse, à la Fabrique du Temps de Louis Vuitton qui participe notamment aux Journées Particulières, qu’un émailleur aux mains d’or perpétue des traditions séculaires.