Lloyds Banking Group jette le discrédit sur les banques britanniques

La banque a provisionné 3,2 milliards de livres pour le litige sur la vente d’assurance emprunteur, un dossier qui pénalise l’ensemble du secteur
Patrick Aussannaire

Lloyds Banking Group a changé de PDG avec l’arrivée d’Antonio Horta-Osorio, mais s’enfonce dans le rouge. La banque britannique détenue à hauteur de 41% par l’Etat a en effet annoncé hier avoir provisionné 3,2 milliards de livres au premier trimestre pour couvrir des coûts potentiels sur des ventes d’assurances emprunteurs (PPI, en anglais), faisant ainsi basculer ses comptes en situation de perte nette de 2,43 milliards de livres, soit 2,7 milliards d’euros.

La provision est la conséquence d’une décision rendue il y a deux semaines par la Haute Cour de Londres confirmant la décision du régulateur britannique, la FSA. Celle-ci a instauré un nouveau régime d’encadrement plus strict de la vente de produits d’assurance emprunteur, malgré la levée de bouclier de l’Association des banques britanniques. En imposant leurs propres contrats pour ces assurances afin d’empocher de juteuses commissions, les banques ont essuyé plus de 1,5 million de plaintes depuis 2005 de la part de clients s’estimant lésés.

Les analystes estiment que LBG est la banque la plus exposée à la nouvelle réglementation, en raison de sa part importante (environ 35%) sur le marché du PPI au Royaume-Uni. Mais le montant des provisions a surpris. La FSA elle-même avait chiffré à 4,5 milliards de livres le coût du dédommagement des clients mécontents pour l’ensemble du secteur bancaire. Ce qui, appliqué à Lloyds, donnait une facture de 1,5 milliard. Le chiffrage de la banque implique désormais une charge de près de 10 milliards pour le secteur. A moins que la banque ait eu, en proportion de sa part de marché, plus de litiges à déplorer, ou que son nouveau PDG ait voulu charger la barque à son arrivée. Les actions des banques britanniques ont nettement baissé hier.

«La question clé est de savoir s’il s’agit du dernier exercice de correction», se demande KBW. Or, les revenus ont plongé de près de 12% en un an à 5,2 milliards de livres, et la marge nette bancaire s’est contractée de 5 points de base à 2,07%, traduisant la hausse du coût de financement de la banque. Et Lloyds de payer son exposition au marché irlandais. Les charges pour dépréciation d’actifs sont ainsi passées de 2,4 à 2,6 milliards de livres d’un trimestre à l’autre, soit 500 millions de plus que les premières estimations, avec une provision de 1,14 milliard pour couvrir ses pertes en Irlande. L’action, qui a déjà baissé de 10% en trois mois, a ouvert jeudi en baisse de 5,2% à 55 pences.

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