Lisbonne va renflouer Banco Espirito Santo afin d’éviter un effet de contagion
Seule des trois premières banques portugaises à n’avoir pas demandé une aide publique lors du sauvetage du pays en 2011, Banco Espirito Santo (BES) doit cette fois s’en remettre à l’Etat pour renforcer ses fonds propres. En accord avec les autorités européennes, Lisbonne injectera 4,9 milliards d’euros dans la banque en difficulté, a annoncé cette nuit la Banque du Portugal. «Les dépôts de BES sont entièrement préservés ainsi que l’ensemble de sa dette non subordonnée», a commenté la Banque centrale, en ajoutant que «les actionnaires et les créanciers subordonnés assumeront les pertes».
Les actifs toxiques de BES seront logés au sein d’une structure de défaisance (bad bank), chargée de les liquider. Cette bad bank restera aux mains des actuels actionnaires, dont fait partie le Crédit Agricole. Les actifs sains, regroupés dans une entité rebaptisée «Novo Banco», seront confiés au fonds de résolution des banques portugaises, créé en 2012 à la demande de la troïka (Union européenne, FMI, BCE) des créanciers du Portugal. L’objectif est de renflouer la banque sans dépenser l’argent du contribuable, au moment où le pays sort à peine d’une longue récession.
Selon le quotidien Diario Economico, les autorités tablent sur le fait que la banque, délestée de ses actifs toxiques, pourrait à nouveau avoir accès au marché boursier dans un délai de six mois, ce qui permettrait de rembourser le fonds de résolution. Novo Banco aura notamment un ratio de fonds propres Common Equity Tier One de départ de 8,5%, ce qui satisfait aux règles prudentielles bancaires européennes.
BES a publié vendredi une perte semestrielle de 3,6 milliards d’euros, bien supérieure aux attentes, après avoir passé des provisions pour couvrir des prêts toxiques accordés à des sociétés appartenant à la famille Espirito Santo. Ces mauvais résultats, combinés à une enquête sur de possibles activités illégales de la banque, ont provoqué un affolement chez les actionnaires au moment même où la banque préparait une augmentation de capital. L’action a ainsi perdu 73% de sa valeur au cours de la semaine écoulée, réduisant la capitalisation du groupe bancaire à seulement 675 millions d’euros. «Avec cette chute du titre il est logique que le gouvernement lève les doutes sur la solvabilité de la banque», juge Pedro Lino, analyste chez DIF broker.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches -
Laïcité, GPA, fin de vie… Le discours offensif de Léon XIV face à Emmanuel Macron
Reçu à l'Elysée peu après son arrivée à Paris, vendredi matin, le pape a insisté dans sa première intervention sur plusieurs sujets clivants du débat public français.