L’horizon s’assombrit pour le crédit aux ménages en zone euro
Publiée au lendemain de la masse monétaire M3, l’enquête trimestrielle de la BCE sur la politique de prêt des banques en arrive aux mêmes conclusions: le crédit est contraint. Les prêteurs s’attendent au troisième trimestre à un léger accroissement de la demande provenant des entreprises, qui a nettement ralenti entre avril et juin. La demande des ménages, en revanche, devrait continuer à fléchir. La chute est surtout marquée pour les prêts à l’habitat.
En parallèle, les banques s’attendent à resserrer leurs critères d’octroi de crédit aux entreprises pour le trimestre en cours, et à les maintenir pour les ménages. Les 124 banques sondées entre le 17 juin et le 1er juillet «ont constaté une détérioration de leur accès au marché monétaire, à la fois pour les maturités très courtes et supérieures à une semaine, (…) et de leur capacité à accéder aux marchés obligataires», indique la BCE. Pour le troisième trimestre, la détérioration de l’accès au marché monétaire devrait s’atténuer. «Par contraste, l’émission de dettes et la titrisation de prêts devraient rester problématiques». Mais depuis l’enquête, les tensions en zone euro se sont encore accrues, affectant notamment les banques italiennes.
Sondées pour la première fois sur les effets des règles Bâle 3, les banques s’attendent aussi à la poursuite de la baisse de leurs actifs pondérés en risque, qui affecte cependant les prêts les plus risqués.
«Le développement le plus marquant de la dernière enquête est la détérioration des données pour les prêts à l’habitat des ménages, à la fois en termes de demande et de resserrement des conditions de crédit, note Ken Wattret, chef économiste de BNP Paribas. Or les tendances pour les ménages devancent celles pour les entreprises.» Comme le soulignait Martin van Vliet, économiste chez ING, après la publication de M3 mercredi, «la croissance des prêts aux ménages anticipe le cycle de taux d’intérêt de la zone euro, d’environ cinq trimestres. Si le ralentissement se poursuit dans les prochains mois, cela augmenterait la perspective d’une pause dans le resserrement monétaire de la BCE.»
L’enquête ne tient pas compte de l’aggravation des tensions sur le marché en juillet. Contrairement à l’indice du sentiment économique en zone euro, publié hier, qui a plongé. Dans ce contexte, les deux hausses de taux de la BCE cette année paraissent de plus en plus intempestives.
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