L’Etat va débloquer le dossier Dexia en entrant au capital de DexMa

L’accord négocié par le médiateur René Ricol instaurera un actionnariat quadripartite sans régler le dossier des prêts aux collectivités
Amélie Laurin
Photo: Bloomberg
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Le verrou de la Caisse des Dépôts (CDC) est en train de sauter. L’institution bloquait depuis fin 2011 les discussions sur l’avenir de Dexia Crédit Local (DCL), la branche française du groupe franco-belge. Elle devrait finalement partager avec l’Etat sa prise de participation dans Dexia Municipal Agency (DexMa), confirment plusieurs sources après les révélations du Monde hier.

Les deux parties devraient prendre chacune environ 30 % du capital du véhicule de refinancement de DCL. Le reste du capital devrait être partagé entre DCL (autour de 35 %) et La Banque Postale (LBP, sans doute à 5 % comme prévu initialement).

«L’accord devrait être signé dans les tout prochains jours», se félicite un proche des négociations. «Il y aura peut-être encore des ajustements, poursuit une autre source, mais l’Etat devrait bien entrer dans DexMa via l’Agence des Participations de l’Etat déjà actionnaire de Dexia et porteuse des garanties publiques (sur le refinancement de DexMa, NDLR)».

Lors du démantèlement du groupe en octobre, la CDC s’était engagée à prendre 65 % de DexMa, mais a ensuite estimé que l’opération lui coûterait 2 milliards de fonds propres en raison de l’aggravation de la crise financière. DexMa porte notamment un stock de 10 milliards d’euros de prêts «toxiques» au secteur public.

Suite à l’appel de la CDC et LBP - deux établissements publics -, le nouveau schéma confirme une quasi-nationalisation de la branche française de Dexia, après celle de la partie belge. Il permet aussi de «préserver la notation des quatre futurs actionnaires de DexMa, explique un des proches du dossier, et d’éviter que l’Etat porte seul tous les risques», après la perte de son triple A auprès de Standard & Poor’s.

Malgré l’absence d’actionnaire majoritaire, «il ne devrait pas y avoir de problème de gouvernance, estime la source, car DexMa est juste un véhicule de refinancement», géré par les équipes de DCL. Il devra servir la future banque publique des collectivités qui sera détenue à 65 % par LBP et à 35 % par la CDC.

Cette nouvelle entité est annoncée pour fin juin mais son champ d’action (étendu ou non à d’autres acteurs publics locaux comme les hôpitaux) reste en discussion, tout comme le transfert de collaborateurs de DCL. Le chiffre de 300 personnes annoncé par Le Monde «n’est pas figé mais c’est l’ordre de grandeur», d’après une des sources. Le sort de 1.000 employés restants est aussi en suspens.

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