L’Espagne se prépare à la prochaine consolidation du secteur bancaire

Selon la presse espagnole, la quatrième réforme du secteur bancaire espagnol prévoit de généraliser le ratio de solvabilité à 9%
Isabelle Birambaux, à Madrid

D’après l’avant projet de la nouvelle réforme du système financier espagnol, la Banque d’Espagne pourra exiger un ratio de solvabilité supérieur à 9% aux banques, tel que le prévoit le Mémorandum européen, adopté en juillet dernier.

Jusqu’à maintenant, seules les cinq banques les plus importantes, Banco Santander, BBVA, Banco Popular, La Caixa et Bankia, étaient obligées de remplir ces conditions. En février 2011, la Banque d’Espagne avait permis aux autres établissement, notamment aux caisses d’épargne transformées en banques, des ratios de solvabilité d’entre 8%, et 10%, plafond maximum fixé pour les établissements non côtés en bourse ou qui n’aurait pas cédé au moins 20% de leur capital aux investisseurs privés.

La généralisation de l’exigence d’un seuil minimum de fonds propres à 9%, pourrait, selon le quotidien Expansion, «mettre en difficultés les banques des caisses d’épargne et les obliger à fusionner». Une nouvelle consolidation du secteur bancaire serait donc à attendre dans les prochains mois. Le nouveau projet de réforme va dans ce sens puisqu’il prévoit la liquidation des établissements jugés non viables.

Autre changement prévu: celle du financement de la restructuration du secteur. Jusqu’à maintenant, les banques espagnoles, via le Fonds de Garantie des Dépôts, devaient l’assumer. L’exécutif en avait fait son cheval de bataille: «la restructuration du système financier aura un coût nul pour les contribuables», martelait en 2011 Elena Salgado, l’ancienne ministre de l’économie.

Un nouveau fonds de garantie des dépôts avait ainsi été créé en 2011 pour financer les fusions. Doté d’un patrimoine de 6,593 milliards d’euros, le FGD n’avait plus que 1,344 milliards dans ses caisses après avoir payé la facture de la vente pour un euro symbolique de Caja del Mediterráneo à Banco Sabadell. Selon le quotidien El País, le FGD «clôturait fin 2011 avec un patrimoine négatif de 2,025 milliards d’euros et un défit de 7,829 milliards d’euros, le plus important de son histoire».

D’après le quotidien, le Frob «pourra désormais financer le FGD, aux conditions du marché, afin qu’il puisse remplir les fonctions qui lui sont attribuées», c’est à dire garantir les dépôts bancaires et financer les sauvetages. Ce dernier point pourrait aussi changer dans la réforme et le FGD renfloué se limiterait à protéger les dépôts. Episode à suivre le 31 août, date à laquelle sera approuvée la réforme.

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