Les stress tests de l’EBA rudoient les banques européennes
Les tests d’une sévérité sans précédent menés par l’Autorité européenne aboutissent à une baisse de 5 points de pourcentage du ratio de fonds propres des banques.
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Valérie Venck
Initialement prévus en 2020, les stress tests de l'EBA ont été retardés en raison de la crise sanitaire.
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Photo EBA.
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a annoncé vendredi les résultats des tests de résistance (stress tests) menés cette année auprès de 50 banques de 15 pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen.
Le scénario le plus défavorable étudié par l’EBA, beaucoup plus sévère que celui utilisé lors de la précédente série de tests en 2018, aboutit à une baisse de 485 points de base du ratio de fonds propres durs CET1, à 10,2% en moyenne à la fin 2023.
Crédit Agricole meilleur élève que BNP Paribas et la Société Générale
Les banques françaises BNP Paribas et la Société Générale ont obtenu des résultats inférieurs à la moyenne à l’issue des tests, avec des ratios CET1 estimés respectivement à 8,21% et 7,54% à la fin 2023 dans le scénario le plus défavorable. Meilleur élève, Groupe Crédit Agricole présente de son côté un ratio CET1 de 10,61% à la fin de la période étudiée.
En Allemagne, Deutsche Bank et Commerzbank affichent des ratios CET1 respectifs de 7,43% et 8,20% pour la fin 2023 dans le scénario adverse de l’EBA. «Nous avons démontré notre résilience dans un scénario de stress très exigeant, malgré un point de départ difficile dans l’environnement pandémique», a indiqué Marcus Chromik, responsable de la gestion des risques de Commerzbank, l’un des premiers établissements à avoir commenté les résultats des tests de résistance.
Parmi les banques les mieux placées dans un environnement défavorable, la suédoise Swedbank présente un ratio CET1 de 15,33% pour la fin 2023 et ING affiche un taux de 10,99%. En revanche, l’italienne Banca Monte dei Paschi di Siena obtient un taux de -0,1% à la fin 2023 dans le cas le plus défavorable analysé.
Ni succès ni échec
L’EBA a souligné que les banques ne réussissaient pas ou n'échouaient pas aux tests, ajoutant qu’il s’agit d’un point de départ pour les discussions avec les régulateurs. Depuis 2018, les établissements financiers soumis aux tests, qui représentent 70% des actifs du secteur bancaire européen, ont renforcé leur base de fonds propres et disposaient au début de la période étudiée d’un ratio CET1 de 15%, soit le niveau «le plus élevé depuis que l’EBA mène des tests de résistance», a souligné l’autorité.
«Ce résultat a été obtenu en dépit d’une baisse sans précédent du produit intérieur brut (PIB) de l’UE et des premiers effets de la pandémie de Covid-19 en 2020», a rappelé l’EBA dans son communiqué.
Les résultats des tests mettent en évidence des disparités entre les banques, a précisé l’autorité. Ainsi, les établissements les plus centrés sur leur marché intérieur ou dont le revenu net d’intérêt est le plus faible accusent une baisse plus importante de leurs ratios de fonds propres, a-t-elle ajouté.
Initialement prévus en 2020, les stress tests de l’EBA ont été décalés à cette année en raison de la crise sanitaire. L’autorité publie parallèlement à son analyse globale des risques encourus par le secteur bancaire les résultats individuels des 50 banques soumises aux tests.
Le scénario défavorable des tests de résistance menés cette année prévoit un impact prolongé du Covid-19 sur l'économie et un environnement de taux bas pendant une longue période. Ce scénario repose sur une contraction cumulée de 3,6% du PIB de l’UE entre 2020 et 2023 et est considéré comme «très sévère» par l’EBA compte tenu du «point de départ macroéconomique faible de 2020 en raison de la pandémie».
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