Les résultats de Santander affectés par les exigences de provisions dans l’immobilier
Plombés par les exigences de provisions d’actifs immobiliers à risques, les résultats du Santander ont souffert, selon le patron du groupe Emilio Botin d’un environnement «extraordinairement difficile». Pourtant, le président de la première banque de la zone euro a souligné que son groupe a anticipé les nouvelles exigences du gouvernement espagnol en terme de provision, en constituant 1,8 milliard d’euros de provision sur l’immobilier, augmentant ainsi la couverture de ses immeubles adjugés de 32% à 50%.
«Banco Santander a su démontrer sa capacité à dégager un bénéfice en satisfaisant simultanément les exigences de capital de l’EBA [Autorité
bancaire européenne], en augmentant les provisions pour couvrir les risques immobiliers, tout en maintenant une rémunération de 0,6 euro par action pour la troisième année consécutive», a-t-il souligné. Le bénéfice net a chuté de 35% à 5,35 milliards d’euros. Après avoir atteint les 9% de fonds propres durs exigés par l’EBA, Emilio Botin a réitéré que l’amélioration de ce ratio à 10% constituerait l’une de ses priorités pour 2012.
Les résultats de Banco Santander ont souffert de l’évolution commerciale en Espagne et au Royaume-Uni, explique Nuria Alvarez, analyste de Renta 4. Cette dernière s’inquiète du fort taux de créances douteuses du réseau Santander estimé en novembre dernier à 8,47% contre 7,51% pour le secteur financier, tout en se maintenant aux alentours de 5,5% sur l’ensemble de son business en Espagne. Ces chiffres interpellent également le grand banquier espagnol qui a souligné que sa banque «ne prêtera plus car il n’y a pas de demandeurs solvables». Il a rappelé que les bénéfices du groupe en Espagne ont accusé une forte chute, passant de 3,6 milliards d’euros en 2008 à 1,149 milliard en 2011 et que son exposition au secteur de l’immobilier s’élevait à 32,1 milliards d’euros, soit 10,4 milliards de moins que depuis décembre 2008.
De son côté, Irma Garrido, analyste chez Ahorro Corporacion, explique que les dépenses liées au processus d’assainissement (3,183 milliards d’euros nets) sont deux fois plus élevées que les plus-values engrangées par le groupe (1,513 milliard d’euros) à la suite de la vente de Santander Seguros en Amérique latine et de l’ouverture du capital de Santander Consumer aux Etats-Unis.
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