Les réseaux bancaires devront bouleverser leur offre de services
Les tentatives des banques françaises pour commercialiser des services non bancaires dans leurs agences (recherche de biens immobiliers, services à la personne…) ne sont pas couronnées d’un franc succès. Tout espoir n’est pourtant pas abandonné, explique Thomas Tugendhat, associé chez Stanwell Consulting, qui publie une enquête sur les attentes des clients en termes de nouveaux services.
Il semble en effet que la demande existe, que ce soit pour les services à la personne ou l’accompagnement (assistance juridique, conciergerie, service funéraire, etc.). Selon l’enquête, 43% des 1.250 répondants jugent la banque légitime pour proposer ces offres. Mieux, les trois quarts, donc y compris ceux qui estiment le secteur illégitime, seraient intéressés dans cet ordre par l’aide aux litiges juridiques, au stockage de données (52%), au déménagement (49%), à la numérisation et à l’accompagnement des décès (48% chacun), l’achat de véhicules (43%) et l’obtention d’aides sociales (39%). Et le conseiller bancaire occupe une place centrale dans l’esprit des sondés.
Répondre à ces demandes ne se réduit pas à multiplier les partenariats et se perdre dans leur gestion. «Les banques disposent de nombreux savoir-faire en interne. Les filiales de crédit-bail, par exemple, ont des connaissances techniques poussées qui pourraient être utilisées dans des services non bancaires», explique Thomas Tugendhat. Vis-à-vis de prestataires extérieurs, les banques «auraient tout intérêt à faire des agences un lieu fédérateur pour les intervenants n’étant pas établis à proximité».
Mais les banques – qui sont confrontées à une baisse de leurs revenus et ne peuvent se limiter à réduire les coûts pour redresser leur rentabilité – font face à un obstacle de taille: seuls 10% de l’échantillon sont prêts à payer pour ces services. Selon l’associé, «les établissements devraient mettre davantage en avant des conventions de services au quotidien, ce qu’elles commencent à mettre en place pour leur clientèle haut de gamme. Ceci permettrait de valoriser ces conventions, tout en réduisant les frais de transaction», de moins en moins acceptés par le client.
En écho, la Banque Palatine (groupe BPCE) a annoncé vendredi la signature d’un partenariat avec Guy Hoquet L’Immobilier. Sa filière des professions réglementées de l’immobilier mettra à la disposition du réseau d’agences son offre à des conditions privilégiées.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire -
Comptes publicsLa réponse à la « crise » du pouvoir d’achat est dans la croissance
La France paie les erreurs des politiques économiques depuis 30 ans. La faiblesse de la croissance ne permet pas une hausse des salaires suffisante pour soutenir le pouvoir d'achat