Les régulateurs financiers s’interrogent sur les effets négatifs de leurs réformes
Les réformes financières amorcées en réponse à la crise financière sont encore loin d'être totalement mises en place mais elles suscitent des commentaires depuis leur annonce. Le Conseil de stabilité financière (FSB) les a recueillis et synthétisés après avoir été mandaté par le G20 Finance pour identifier les conséquences inattendues de réformes financières. Pour les Etats interrogés, qu’ils soient émergents ou développés, leur impact est encore difficile à déterminer. Par conséquent, leurs remarques portent plutôt sur les effets négatifs potentiels de ces réformes.
Le cadre de Bâle 3 sur les banques est une des premières sources d’inquiétude. Deux aspects de la réforme sont particulièrement cités dans le rapport publié hier par le FSB. Certains aspects de la pondération du capital sur les actifs prévue par le texte «pourraient exacerber le deleveraging et augmenter les coûts opérationnels des banques mondiales dans les pays émergents et développés, et donc réduire le crédit et la liquidité sur les marchés financiers», rapporte le FSB sur la base des témoignages recueillis.
Les ratios de liquidités prévus dans Bâle 3 sont également pointés du doigt, à l’image des remarques qui ont été faites dans le passé par l’industrie bancaire à ce sujet. La définition des actifs liquides de bonne qualité et le calibrage utilisé dans le calcul des ratios de liquidités ne reflètent pas précisément les structures des marchés financiers, ce qui pourrait affecter le fonctionnement des marchés financiers domestiques et la capacité des banques à prêter, relaie le FSB. Le régime plus dur réservé aux banques d’importance systémique est également un facteur d’inquiétude pour l’activité de ces établissements.
Enfin, la réforme des dérivés de gré à gré est mentionnée. L’existence de contreparties centrales mondiales risque notamment d’empêcher le développement des marchés domestiques. Pour toutes les réformes en cours, les répondants soulignent la possibilité de conséquences à l’international de mesures domestiques en raison de la dimension internationale de certaines banques.
Autant de sujets d’inquiétudes qui montrent l’importance d’une coopération entre les autorités nationales, les organismes de régulation et les institutions financières internationales, souligne le FSB. A la demande du G20, l’institution vient aussi de faire une série de propositions pour pérenniser et renforcer son rôle.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt