iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
Souveraineté, réindustrialisation, restauration des barrières douanières, « reshoring »… Autant de concepts qui illustrent le mouvement de démondialisation à l’œuvre depuis la crise sanitaire et qui poussent les investisseurs à s’intéresser davantage aux entreprises centrées sur leur économie nationale. Ce sont eux que vise tout particulièrement BlackRock en lançant ce jour deux ETF « domestic focus », l’un (coté à Amsterdam) pour les actions européennes et l’autre (coté à Londres) pour les valeurs britanniques. « Il était jusqu’à présent difficile d’exprimer de manière pure cette vue en faveur des entreprises tournées vers leur marché domestique, souligne Arnaud Gihan, responsable de la distribution en France chez BlackRock. Les investisseurs pouvaient utiliser des stratégies small caps mais cela introduisait des biais et des risques additionnels (liquidité, volatilité, sensibilité au taux). »
Concrètement, ces deux ETF s’appuient sur des indices conçus par Stoxx grâce à sa base de données FactSet. Cette dernière fournit la ventilation par pays du chiffre d’affaires de près de 50 000 entreprises. L’ETF iShares Europe Domestic Focus UCITS ETF se concentre ainsi sur les quelque 320 valeurs du Stoxx 600 dont plus de la moitié des revenus provient de l’Europe. « On obtient une exposition à l’Europe de 78 % en agrégé au niveau du portefeuille », précise Arnaud Gihan. Pour la version purement britannique, ce pourcentage grimpe même à 84 %. Pour permettre aux investisseurs de construire leur portefeuille au plus près de leur vue de marché, BlackRock lance simultanément les deux ETF miroir « foreign focus », ciblant les entreprises dont plus de la moitié du chiffre d’affaires provient de l’international. Sans surprise, les secteurs les plus représentés dans le véhicule orienté vers le marché intérieur européen sont les banques, les services aux collectivités et l’énergie. Inversement, la santé, l’industrie et la technologie sont surpondérés dans l’ETF tourné vers le reste du monde.
Cette initiative du gérant américain n’est pas sans rappeler le lancement, fin 2024, de son ETF sur les 20 plus grosses capitalisations du S&P 500, permettant de miser plus finement sur les valeurs techs, alors en plein essor. Moins dans l’air du temps aujourd’hui, cet ETF a attiré 440 millions d’euros d’encours en un an et demi selon Trackinsight. Si l’approche « domestic focus » est une innovation pour le marché européen des ETF, Global X s’est déjà positionné l’an dernier sur ce créneau outre-Atlantique, en ciblant les valeurs du S&P 500 qui réalisent plus de la moitié de leur activité aux Etats-Unis.
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