Les régulateurs battent en brèche les modèles internes des banques
Les régulateurs avaient prévenu: le mode de calcul des actifs pondérés du risque (risk weighted assets, RWA), qui permettent aux banques d’établir leurs exigences en fonds propres, est placé sous étroite surveillance. Depuis plusieurs mois, les études, menées notamment par le Comité de Bâle, se succèdent pour mettre en lumière la dispersion des RWA d’un établissement à l’autre. Mais cette semaine, l’autorité danoise, la FSA, est passée aux travaux pratiques en demandant à Danske Bank de durcir son évaluation des risques, basée sur des modèles internes.
La nouvelle a fait plonger de 6,1% hier l’action de la première banque danoise. Et pour cause: la correction du modèle interne de Danske Bank accroîtra de 100 milliards de couronnes (13,4 milliards d’euros) ses actifs pondérés du risque, soit une hausse de 12,5 % par rapport à une base de 797 milliards à fin mars 2013. Cela fera passer de 64 à 72 milliards de couronnes les exigences en fonds propres.
La FSA a notamment contraint le prêteur à couvrir davantage ses expositions aux entreprises. Danske attribue à ces dernières une pondération en risque de 10 points inférieure aux modèles de ses concurrents, y compris pour un même client. La banque, qui va appliquer ces recommandations, n’entend cependant pas en rester là et envisage d’engager un bras de fer avec sa tutelle en faisant appel de la décision.
Le cas Danske Bank pourrait préfigurer l’ajustement qui attend le secteur. Des ratios de solvabilité en apparence élevés peuvent dans certains cas masquer des modèles internes laxistes. Pour contourner ce biais, les régulateurs sont tentés de promouvoir le ratio de levier, un indicateur beaucoup plus simple – et même simpliste, selon les banques –. En établissant un seuil de fonds propres rapporté aux encours bruts, ce dernier prend à rebours les méthodes de plus en plus complexes élaborées dans le cadre des règles de Bâle 2 puis Bâle 3.
Le Comité de Bâle doit d’ailleurs finaliser le mode de calcul de ce leverage ratio, déjà utilisé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Le seuil devrait être fixé à 3% au niveau mondial selon Reuters. Une consultation suivra dans les prochaines semaines.
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