Les quatre premières banques britanniques verrouillent le marché des PME
Peut beaucoup mieux faire. C’est en substance la conclusion d’une étude de 185 pages publiée en fin de semaine dernière conjointement par le régulateur financier britannique, la FCA, en collaboration avec l’autorité de la concurrence et des marchés, la CMA, sur l’adéquation entre les besoins des PME et les services offerts par la banque de détail outre-Manche.
L’étude met surtout en évidence le maintien d’une concentration importante des 4,5 millions de clients PME outre-Manche dans les mains des quatre principaux acteurs bancaires : 85% des comptes courants et 90% des prêts seraient en effet encore contractés auprès de Lloyds Banking Group, RBS, Barclays et HSBC, soit des pourcentages équivalents à ceux enregistrés… en 1999.
L’étude reconnaît néanmoins un certain nombre d’améliorations. Certains établissements à l’image d’Aldermore, Shawbrook et Handelsbanken ont étendu la gamme de leur services et le secteur s’est aussi enrichi de Metro Bank, qui offre un service de comptes courants pour les PME. Or, selon l’étude, «ces fournisseurs ne semblent pas exercer une pression concurrentielle sur les grosses banques».
A l’initiative de la Prudental Regulation Authority, l’abaissement des barrières en matière de capital et de liquidité pour les nouveaux entrants doit aussi favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs outre-Manche. Mais pour l’heure, l’ensemble de ces challengers ne représente que 5 et 7% respectivement du marché des comptes courants et des prêts pour les petites entreprises. Le terrain est pourtant favorable : selon l’étude, entre 10 et 20% de ces PME jugent que le niveau de service globalement offert par les banques traditionnelles est de faible qualité. Pas au point cependant de les pousser à se tourner vers d’autres fournisseurs : seules 4% d’entre elles ont changé de banques l’an dernier.
Selon la FCA et la CMA, cette inertie s’explique aussi par l’idée que «toutes les banques se ressemblent». L’autorité de la concurrence et des marchés a également confirmé vendredi le lancement à l’automne d’une étude approfondie sur l’état de la concurrence dans le secteur bancaire britannique, qui prendra en considération les prêts aux entreprises mais aussi les comptes courants personnels et professionnels.
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