Les profits du Crédit Agricole sont pénalisés par la guerre en Ukraine
Crédit Agricole SA (CASA) a publié jeudi un résultat net part du groupe sous-jacent pour le premier trimestre 2022 de 756 millions d’euros, en repli de 18,9% dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine. Ce résultat tient compte d’une provision de 389 millions d’euros liée à son exposition à la Russie.
Le résultat net publié a atteint 552 millions d’euros, en baisse de 42,7%, prenant en compte une provision pour l’intégralité de la valeur des fonds propres de CA Ukraine pour 195 millions d’euros. La différence entre le résultat publié et le résultat sous-jacent provient donc essentiellement de cette dépréciation liée à l’Ukraine.
«Sur le plan financier, le groupe a fait le choix d’un provisionnement de prudence face à des risques avérés très faibles», a déclaré Philippe Brassac, le directeur général de Credit Agricole SA lors d’une conférence de presse. Sur les 389 millions provisionnés pour la Russie, 346 millions correspondent à des provisions de prudence et 43 millions à des risques avérés.
Le coût du risque de CASA s’est inscrit à 546 millions d’euros au premier trimestre, en hausse de 42,2% par rapport au premier trimestre 2021. Le coût du risque sous-jacent est de 47 points de base sur encours annualisés et de 31 points de base sur quatre trimestres glissants.
Le produit net bancaire (PNB) sous-jacent du groupe a atteint 5,93 milliards d’euros, en progression de 7,6% par rapport au premier trimestre 2021.
Hormis les effets liés à la guerre en Ukraine, le groupe a indiqué dans son communiqué afficher une «activité commerciale dynamique au premier trimestre», considérant «l’impact macroéconomique du conflit encore à venir».
«Tous les métiers contribuent à la hausse grâce au dynamisme de l’activité sur le trimestre», a expliqué le groupe. Les revenus du pôle Gestion de l’Epargne et assurances ont progressé de 9,2%, intégrant l’effet de périmètre associé au rachat du spécialiste des fonds indiciels Lyxor, acquis l’an dernier par le gérant d’actif Amundi, filiale de CASA.
Les revenus en Grande Clientèle ont progressé de 4,4%, ceux des Services financiers spécialisés, ont augmenté de 6,8% tandis que les revenus de banque de proximité se sont appréciés de 10,5% par rapport au premier trimestre 2021.
Selon le consensus réalisé par FactSet, les analystes tablaient en moyenne sur un résultat net de 588 millions d’euros et sur un PNB de 5,62 milliards d’euros.
Charges en hausse
Les charges d’exploitation sous-jacentes - hors contribution au Fonds de résolution unique (FRU) - du groupe ont augmenté de 9,6% à 3,5 milliards d’euros contre 3,2 milliards d’euros un an plus tôt. La contribution du groupe au FRU a, pour sa part, totalisé 636 millions d’euros, un montant en hausse de 24,7% par rapport au même trimestre de 2021.
Le groupe explique la hausse des charges principalement par les changements de périmètres qu’ont constitué l’intégration de Lyxor et de l'établissement italien Credito Valtellinese (Creval).
«Si on analyse l'évolution des charges hors FRU et hors les effets de périmètres liés à Lyxor et à Creval, la croissance (des charges) n’est plus que de 5,4%», a expliqué Jérôme Grivet, le directeur général adjoint de Crédit Agricole SA, en charge des finances. Le responsable a précisé que ces charges correspondaient à des investissements «pour le développement des activités».
Le coefficient d’exploitation s’est détérioré pour atteindre 59% contre 57,8% en 2021. «Nous sommes à un niveau extrêmement bas et en dessous de notre cible», a commenté Jérôme Grivet. Dans son plan stratégique, le groupe vise un coefficient d’exploitation de 60%.
Processus «ouvert» pour l’assurance de BPM
Concernant son offre de rachat sur les activités d’assurance de Banco BPM en Italie, «nous pensons que nous pouvons avoir nos chances, mais c’est naturellement un processus ouvert», a déclaré Xavier Musca, le directeur général délégué de Crédit Agricole SA. Par ailleurs, toujours selon lui, «l’ordre de grandeur de ce que pourrait constituer de partenariat est difficile à articuler. Les conditions dans lesquelles ce partenariat pourrait être conclu sont encore à discuter». Mais, même si CASA devait reprendre l’ensemble de cette activité, «l’impact sur le CET1 de Casa serait relativement modeste», a-t-il poursuivi.
A la fin du premier trimestre, le ratio de fonds propre CET1 de Casa s’est inscrit à 11%, en baisse 0,9 point de pourcentage par rapport à son niveau de 11,9% du trimestre précédent. Son ratio de retour sur capitaux propres tangibles (RoTE) sous-jacent s’est inscrit à 11,6% à la fin du premier trimestre 2022.
Le groupe présentera le 22 juin son futur plan à moyen et long terme.
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