Les pratiques des banques sont mises à l’index par les autorités américaines
Le dossier des pertes de trading de JPMorgan passe sur le gril de la toute-puissante commission permanente d’enquête du Sénat américain, selon des sources concordantes. Dirigée par Carl Levin, la commission, qui a déjà fait tomber des têtes de responsables chez Goldman Sachs et HSBC, enquête également sur le mutisme du Bureau du contrôle des changes, de la Fed de New-York, ainsi que de l’agence fédérale de garantie des dépôts bancaire (Federal Deposit Insurance Corp) sur les pratiques ayant conduit à des pertes sur dérivés de crédit dans la division chief investment office (CIO) de la banque qui se montent aujourd’hui à quelque 5,8 milliards de dollars.
JPMorgan tente pourtant de se racheter une crédibilité avec la nomination hier d’un nouveau directeur des investissements, chargé de chapeauter sa filiale de courtage en propre dont l’antenne londonienne est responsable des pertes de trading. Craig Delany, qui travaille pour JPMorgan depuis 1993 dont 18 ans dans la banque d’investissement et les dix-huit derniers mois dans l’activité de crédit hypothécaire, a ainsi été nommé directeur des investissements et placé sous la supervision de Matt Zames, co-directeur des opérations. «L’objectif de ce portefeuille est de détenir des actifs de très haute qualité qui ont peu ou pas de risque de perte sur le capital» a tenu à indiquer instantanément Craig Delany.
Mais JPMorgan n’est pas la seule dont les pratiques sont passées au crible. Le régulateur américain des caisses d'épargne (NCUA) a assigné UBS en justice hier, l’accusant d’avoir trompé deux établissements qui ont ensuite fait faillite, sur la qualité des prêts sous-jacents lors de la vente de 1,1 milliard de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires. «La force de notre système financier est la confiance et la responsabilité. UBS Securities a trahi cette confiance et contribué à la faillite de deux institutions de crédit ainsi qu’à la crise du secteur qui en a découlé» a indiqué Debbie Matz, présidente de la NCUA. L’autorité avait déjà poursuivi JPMorgan, RBS, Goldman Sachs, Wachovia, Citigroup, Deutsche Bank et HSBC pour des pratiques similaires.
Enfin, la commission américaine de régulation de l’énergie (FERC) aurait sommé Deutsche Bank Energy Trading d’établir la preuve qu’il n’avait pas manipulé les marchés énergétiques californiens, faute de quoi, la banque allemande risque de payer une amende de 1,5 million de dollars, selon Reuters.
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