Les plus grandes incertitudes pèsent sur le crédit à la consommation en 2012

L’ASF annonce une baisse de 7,4% de la production de ses adhérents en janvier. Un recul qui atteint 14,5% sur le segment de l’automobile neuve
Benoît Menou

L’exercice 2012 placé en France sous le sceau des élections présidentielle et législative aura grand peine à redonner confiance au consommateur. De quoi aux yeux de Françoise Palle-Guillabert, délégué général de l’Association française des sociétés financières (ASF), laisser planer sur l’activité de crédit à la consommation dans le pays de «grandes incertitudes».

L’espoir aura en réalité été de courte durée après le calamiteux exercice 2009, au cours duquel la production avait chuté de 13,3%. L’ASF regroupe des établissements de crédit spécialisés dont l’encours total est voisin de 300 milliards d’euros. L’Association précise que ses 66 adhérents spécialistes du crédit à la consommation, pour la plupart entités de grands groupes de la distribution, de l’automobile ou du secteur bancaire, représentent environ 60% du total des opérations sur ce segment (et la quasi-totalité concernant le crédit renouvelable).

Après un timide rebond de 2,1% en 2010, l’activité de crédit à la consommation n’a en effet cessé de se dégrader tout au long de l’année dernière, qui s’est soldée par une baisse de la production pour les adhérents de 0,4% à 38,6 milliards d’euros. La détérioration a été régulière : après une hausse de 9,3% au premier trimestre (par rapport à la même période de l’année 2010), la production a cédé 1,8%, 3,7% et 4,5% sur les périodes suivantes.

Et les chiffres du mois de janvier 2012 divulgués hier par l’ASF ne sont pas encourageants, avec un niveau de production en repli de 7,4% par rapport à janvier 2011, à 2,8 milliards d’euros. Un repli qui plus est «quasiment général». Ainsi, le financement des voitures particulières neuves (que ce soit par crédit classique ou location avec option d’achat) accuse une baisse mensuelle de 14,5% (à 447 millions, contre une hausse de 2,1% sur l’année écoulée).

Selon l’ASF, «la chute se poursuit» également en janvier pour le crédit renouvelable (-7,2% à 1,0 milliard). S’il est le reflet de la morosité du consommateur, ce déclin trouve également sa source dans l’application de la loi Lagarde, une «réforme très impactante» pour le modèle économique du crédit renouvelable qui a certes «commencé à produire des résultats conformes aux souhaits du législateur». L'érosion de ce mode de financement ne s’est toutefois que confirmée en 2011, quatrième année consécutive de baisse avec un recul de 6,1% des nouvelles utilisations de crédit, à 13,5 milliards.

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