Les plans de recapitalisation généreront un surplus de 26%, estime l’EBA

Les déficits en fonds propres seront comblés essentiellement par des mesures de capital directes. De nouveaux stress tests auront lieu en 2013
Antoine Duroyon

Réuni pour deux jours, le Conseil des superviseurs de l’Autorité bancaire européenne (EBA) a rendu une première appréciation sur les plans de recapitalisation soumis en début d’année par 31 établissements, dont l’enjeu central vise à lever 115 milliards d’euros. L’EBA a fait part de sa satisfaction sur deux points principaux.

Primo, la quasi-majorité des actions, 77% d’entre elles pour être précis (portant sur 96% des déficits à combler), se portent sur des mesures de capital directes, c’est-à-dire principalement des levées de fonds propres, la mise en réserve de résultats, la conversion de titres hybrides en core tier one ou encore l'émission de CoCo. Les mesures affectant les encours pondérés (RWA) comptent pour les 23% restants.

Secundo, l’EBA souligne que ces plans d’actions vont générer dans leur ensemble un surplus de fonds propres d’environ 26% par rapport au déficit global initial, «créant une certaine marge au cas où certaines actions ne se concrétisent pas». Pour rappel, l’EBA a donné aux établissements jusqu'à fin juin 2012 pour atteindre un ratio core tier one d’au moins 9%.

L'évaluation n’a été conduite pour le moment que sur une base agrégée et la viabilité des mesures doit encore être analysée. Le processus va donc se poursuivre avec un examen en profondeur mené par les autorités nationales en coopération avec l’EBA. Les collèges de supervision des établissements se pencheront également sur les plans d’actions tout au long du mois de février. Pendant cette phase, souligne l’EBA, des «plans B» pourront être exigés si les prévisions de résultat par exemple paraissent trop optimistes.

Les banques devraient commencer à recevoir début mars des directives claires sur leurs plans de la part des autorités nationales. L’EBA, en lien avec le Conseil européen du risque systémique (CERS), continuera de travailler sur le sujet du «coussin souverain» et se penchera sur les enjeux macroéconomiques. Elle estime d’ores et déjà que l’impact des actions réduisant le crédit dans l'économie réelle sera inférieur à 1% du montant total, après prise en compte des programmes nationaux sur la restructuration des banques. A ses yeux, le phénomène de deleveraging devrait donc être minime. L’EBA a enfin indiqué que de nouveaux stress tests seraient déployés en 2013.

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