Les mutuelles santé indépendantes repartent en guerre contre Solvabilité 2
Les petites mutuelles indépendantes continuent de défendre leur modèle. La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM), qui revendique «une trentaine» d’organismes, a saisi mardi le collège de supervision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour lui demander d’exempter les mutuelles santé de Solvabilité 2. Les nouvelles charges de gestion que celle-ci implique menaceraient en effet la pérennité du secteur.
L’argumentaire tient en trois points. Les activités pratiquées par les mutuelles santé n’entreraient pas dans le champ d’application de Solvabilité 2. «Le quatrième considérant exclut les structures étroitement liées aux régimes d’assurance publics», martèle Philippe Mixe, président de la FNIM. Il rejette le principe de proportionnalité de la directive qu’on lui oppose: «La formule standard est binaire, elle ne peut être divisée; idem pour les sujets de gouvernance».
L’argument de la fédération s’appuie également sur les articles 5 et 9 de Solvabilité 2. Ceux-ci prévoient que la directive ne s’applique pas aux «opérations des organismes de prévoyance et de secours dont les prestations varient d’après les ressources disponibles et dans lesquels la contribution des adhérents est déterminée forfaitairement». «La variabilité est indispensable, car contrairement aux assureurs, les engagements des mutuelles ne sont pas annuels, mais viagers», explique le président de la FNIM. Il s’étonne de la position de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l’ACPR, qui réfute cet argument: le banquier central estime que cette exemption ne concerne que les organismes dont les prestations varient selon leurs propres ressources et qui ne prennent pas d’engagement envers leurs assurés, ce qui ne serait pas le cas des mutuelles santé.
Enfin, la position française contredirait les principes de proportionnalité et de subsidiarité des droits européen et français, ainsi que le Small Business Act européen – alors que la plupart des mutuelles santé sont des PME.
La FNIM condamne également la volonté du gouvernement de procéder par voie d’ordonnance dans la transposition de Solvabilité 2, qui figure au projet de loi portant sur l’adaptation au droit européen de plusieurs dispositions en matière économique et financière, examiné au Parlement depuis hier. Elle envisage de saisir le Conseil constitutionnel.
Plus d'articles du même thème
-
Anthropic en dévoile un peu plus sur son introduction en Bourse
Anthropic a dévoilé lundi 26 octobre son formulaire S-1. Il sera le premier laboratoire d'IA de pointe à faire l’objet d’une cotation publique, devançant OpenAI. Il aura le statut de société d'intérêt public, une structure juridique qui l’oblige à concilier des objectifs de rentabilité et des intérêts publics plus larges. -
Le Parti communiste chinois se réunit pour assurer la continuité de sa politique
Réunis pour le 5e plenum du 20e Congrès, les responsables du PCC devaient se concentrer sur les règles de gouvernance du parti de façon à préserver la légitimité de ses décisions et à poursuivre sa politique de développement. Au détriment de l'Europe et des Etats-Unis. -
Les investisseurs de référence comptent de plus en plus lors des introductions en Bourse
Leur présence explique en partie le choix des offres à prix fixe pour quatre des cinq opérations de 2026. Si les parcours boursiers sont difficiles pour quatre des cinq IPO, cela ne devrait pas décourager les postulants à la Bourse.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Réforme de Parcoursup, rénovations, classes moins chargées : les concessions du gouvernement en réponse aux lycéens
Malgré l'annonce de quinze mille places supplémentaires et de prêts massifs pour rénover les établissements, les syndicats maintiennent la pression et appellent à manifester -
La Suède dans l’impasse après les échecs du centre et des socio-démocrates à former un gouvernement
Le Parti du centre a annoncé qu’il n’était pas parvenu à conclure un accord de gouvernement, plus d’un mois après des élections législatives très serrées. -
Sur un fil17 octobre : à l'Assemblée nationale, une commission d'enquête déjà en sursis
La commission d’enquête sur les violences des 17 et 18 octobre est déjà au bord de l’échec, une semaine à peine après son lancement. En contestant la répartition des postes de rapporteurs, le RN boycotte les travaux et contraint l’Assemblée à chercher une issue en urgence