Les institutions de prévoyance défendent leur modèle après une année 2012 difficile
Net recul du résultat». Le titre, en lettres rouges, est plutôt inhabituel pour une présentation financière. Les institutions de prévoyance (IP) n’ont pas masqué leurs difficultés hier, à l’occasion de la présentation de leur bilan d’activité 2012. Attaquées par les assureurs et mutuelles depuis l’Accord national sur l’emploi qui va généraliser les complémentaires santé collectives, les IP se défendent d’être des organismes «abominables» qui «voulaient récupérer l’ensemble du marché», déclare Jean-Louis Faure, délégué général du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP).
Le conseil constitutionnel vient pourtant d’interdire les clauses de désignation, qui auraient certainement favorisé les IP auprès des entreprises dépourvues de contrats de groupe en santé ou prévoyance. Les groupes paritaires peuvent désormais se raccrocher aux seules «recommandations» que pourront faire les branches professionnelles.
D’où l’accent mis sur leurs défis financiers. «Dans un environnement économique difficile, les institutions ont accepté une dégradation de leurs résultats afin de préserver les entreprises adhérentes et leurs salariés», assure le CTIP. Les 48 organismes paritaires, qui assurent 13 millions de salariés français en prévoyance et 6,8 millions en santé, ont vu leur résultat diminuer de 40% l’an dernier. Il reste positif, à 158 millions d’euros, grâce à des éléments financiers (placements, etc.), alors que les prestations versées, en hausse de 7,2% à 12,1 milliards d’euros, ont dépassé les cotisations. Ces dernières ont seulement crû de 2,4%, à 12,06 milliards.
Les produits de retraite supplémentaire ont particulièrement souffert. En recul de 15,4%, ils repassent sous la barre du milliard d’euros de cotisations. La faute à une «situation tendue pour les entreprises et les salariés qui ne favorise pas les versements», et au «relèvement du forfait social à 20%», assure Bertrand Boivin-Champeaux, directeur prévoyance et retraite supplémentaire au CTIP.
L’activité a été tirée par la santé qui affiche une progression de 6,6% en 2012, «essentiellement due aux nouvelles adhésions, avec 5 % de salariés couverts en plus», indique Bertrand Boivin-Champeaux. Pour autant, ces nouveaux adhérents, l’augmentation des taxes et la hausse des dépenses dentaires, optiques et hospitalières, ont entraîné un déficit technique de 9% sur les contrats santé.
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