Les fonds américains se ruent sur les actifs immobiliers espagnols
Apollo Global Management crée une exception. En annonçant hier le rachat d’Evo Banco pour 60 millions d’euros, le groupe américain est le premier fonds étranger à signer la reprise d’une banque espagnole, depuis le sauvetage public du secteur l’an dernier. Evo Banco, née de la privatisation de Novagalicia, reste un acteur de niche,avec 700 millions d’euros de crédits et 1,6 milliard de dépôts.
En dehors de ce cas, le capital-investissement anglo-saxon se concentre plutôt sur les actifs immobiliers ibériques. La tendance se confirme avec l’arrivée de TPG. Le fonds pourrait racheter à La Caixa 51% de sa filiale immobilière Servihabitat, pour 185 millions d’euros, dévoilait Reuters la semaine dernière. L’opération porte sur des activités de transaction et de gestion immobilières, mais exclut les 12.000 biens en portefeuille.
Deux jours plus tôt, Bankia annonçait la cession de son pôle immobilier à Cerberus pour un montant compris entre 40 et 90 millions d’euros. Le fonds reprend la gestion de 12,2 milliards d’euros d’actifs immobiliers détenus par Bankia, et de 36,6 milliards d’euros détenus par des tiers mais gérés jusque-là par la banque. Bankia va transférer 457 salariés vers une société ad hoc créée par Cerberus mais restera propriétaire de son portefeuille, comme La Caixa. Le mois dernier, Catalunya Banc avait conclu un accord du même type avec Kennedy Wilson et Varde Partners. Cette-fois, les actifs en jeu s’élevaient à 8,7 milliards d’euros, pour partie abrités par la Sareb, la bad bank espagnole. Cette dernière a aussi cédé à HIG Capital 51% d’un parc de 1.000 maisons valorisées environ 100 millions d’euros.
Ces transactions concernent seulement une faible part de l’exposition des banques espagnoles et de la Sareb, qui a récupéré l’an dernier 51 milliards d’euros de prêts et d’actifs immobiliers décotés. Le secteur financier est également en concurrence avec d’autres acteurs économiques en difficulté, notamment les collectivités locales. Blackstone a ainsi racheté 18 lots d’habitations à la mairie de Madrid pour 125,5 millions d’euros.
En dehors des spécialistes des actifs décotés, peu d’acheteurs institutionnels se risquent sur le marché espagnol. Après une baisse de 29% depuis 2008, «les prix de l’immobilier vont certainement continuer à baisser, selon les analystes de Morgan Stanley qui prédisent un nouveau recul de 30%, mais la bulle de la construction résidentielle a quasiment été corrigée».
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