« Les équipes de risque ont déjà tiré parti de la digitalisation »
Natacha Gallou, responsable des risques individuels corporate de Crédit Agricole CIB
Comment le métier d’analyste crédit grandes entreprises a-t-il évolué ces dernières années ?
En dehors des nouvelles normes comptables IFRS qui ont affecté l’analyse crédit, mais de manière minime, il n’y a pas eu de changement majeur. Ce que l’on constate, en revanche, c’est la financiarisation des opérations et la désintermédiation des prêteurs bancaires au profit des marchés, notamment obligataires. Dans un environnement économique post-crise qui est resté porteur, les entreprises et les investisseurs nous demandent de plus en plus de les accompagner sur des crédits qui relèvent parfois davantage du levier financier que de l’investissement économique direct. Nous accompagnons aussi, de manière croissante, des investisseurs financiers comme des sociétés de private equity, très présentes dans le marché des acquisitions sous LBO.
Quel est l’impact du numérique ?
Les équipes de risque ont déjà tiré parti de la digitalisation. Plusieurs initiatives ont vu le jour : une équipe appelée « early detection » a été créée il y a deux ans. Sa mission est de développer des outils prédictifs s’appuyant sur les données de masse afin de détecter en amont les premiers signaux de dégradation d’un client. Un autre outil cognitif va nous permettre de passer automatiquement au crible des rapports annuels en quelques minutes pour l’analyse financière et d’établir des liens entre clients fournisseurs, pays et activités. Nous travaillons aussi à l’automatisation de certaines tâches à faible valeur ajoutée de nos analystes.
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