Les enseignes secondaires de la Société Générale sont le moteur du groupe en France
Le Crédit du Nord mérite plus que jamais le qualificatif de «pépite» du groupe. Le réseau du groupe Société Générale a publié hier un produit net bancaire (PNB) en hausse de 17%, à 1,94 milliard d’euros. Son résultat d’exploitation bondit lui de 29,5%, à 506,5 millions, pour un bénéfice net de 19,5% à 315 millions. Le coefficient d’exploitation (qui mesure la rentabilité opérationnelle de l’activité) recule de 2,2 points, à 63,6%.
Toutefois, ce succès doit être relativisé: le dernier trimestre intègre les comptes de la Société Marseillaise de Crédit (SMC), acquise par la Société Générale en septembre 2010. La SMC a apporté ses 171.000 clients au Crédit du Nord, qui en compte désormais deux millions. A périmètre constant, les comptes sont moins reluisants, tout en demeurant bien orientés: le PNB progresse de 5%, le résultat d’exploitation de 8,3%, tandis que le bénéfice net se stabilise (+0,2%).
L’autre enseigne française du groupe Société Générale, Boursorama, qui a publié ses comptes la semaine dernière, affiche la croissance commerciale la plus dynamique: la banque en ligne a enregistré plus de 60.000 ouvertures de comptes courants et 45.000 ouvertures de comptes d’épargne en 2011. Les dépôts sur comptes courants ont crû de 18% à 636 millions d’euros et ceux sur compte d'épargne bancaire de 37% à 1,7 milliard.
Comme l’a indiqué son PDG Frédéric Oudéa lors de la publication des comptes annuels du groupe, la Société Générale compte plus que jamais sur la banque de détail pour servir de relais de croissance. La banque de financement et d’investissement du groupe ne sera «plus en mesure de générer huit milliards d’euros de revenus par an», contrairement aux années fastes, avant le scandale Kerviel en janvier 2008.
Une telle place dévolue aux réseaux français, à côté des réseaux internationaux aux destins inégaux, peut paraître curieux, étant donné la maturité du marché français et les perspectives économiques incertaines. Frédéric Oudéa a justifié ce point de vue en soulevant que la France était le premier marché d’Europe occidentale et qu’elle devrait le rester grâce à sa démographie. «Nous avons gagné, en chiffre net, 243.000 nouveaux clients particuliers en France en 2011; nous avons le même objectif pour 2012», a-t-il ajouté. Mais la vigueur des réseaux France repose assez peu sur l’enseigne Société Générale proprement dite.
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