Les écarts d’acquisition menacent les résultats annuels des banques européennes
Alors que bon nombre d’entre elles cherchent à céder des actifs et à renforcer leur capital pour satisfaire les marchés et les régulateurs après leur dégringolade boursière, les banques européennes ont encore à leur bilan des centaines de milliards d’euros d’écarts d’acquisition (goodwill). Et certaines pourraient devoir en déprécier une partie avant la fin de l’année, au risque d’amputer leurs résultats.
Les établissements européens ont réalisé 330 milliards d’euros d’acquisitions sur la période 2006-2010 et faisaient état de 242 milliards d’écarts d’acquisition fin 2010 après en avoir déprécié 7,6 milliards en 2009 et 3,8 milliards l’an passé, selon les données de la banque d’investissement américaine Houlihan Lokey.
«Ce n’est pas facile d’aller sur le marché et de trouver des investisseurs ou des candidats potentiels pour des cessions si vous cotez à 50% de votre valeur comptable. Dans cette situation, vous voulez relâcher la pression sur votre bilan», explique Marc Hayn de Houlihan Lokey cité par Bloomberg.
Alors qu’UniCredit a annoncé la semaine dernière une dépréciation de 8,7 milliards d’euros de goodwill, l’agence rapporte que plusieurs analystes s’attendent à voir d’autres banques l’imiter. Les plus susceptibles de passer à l’acte seraient selon eux le Crédit Agricole, Intesa Sanpaolo et Santander.
«Je m’attends à voir davantage de dépréciations, liées à une combinaison de règles comptables et de nécessité commerciale», indique Kinner Lakhani, analyste chez Citi.
Le Crédit Agricole affichait dans son bilan au 30 septembre 20 milliards d’euros d’écarts d’acquisitions, après une dépréciation de 359 millions enregistrée sur Emporiki au deuxième trimestre. Parmi ses concurrents français, BNP Paribas totalise 11,1 milliards de goodwill dans ses comptes du 30 juin. La Société Générale a pour sa part été pénalisée au troisième trimestre en passant une charge de 200 millions d’euros sur ses écarts d’acquisitions qui s’établissaient à 8,5 milliards d’euros fin 2010. BPCE est un peu plus à l’abri puisque son goodwill se limite à 4,5 milliards au 30 septembre, après une dépréciation de 29 millions.
De son côté, Intesa Sanpaolo faisait état de près de 19 milliards de goodwill à fin juin. Et Santander, de 26 milliards à fin septembre. Comptabilisés dans les fonds propres, les écarts d’acquisition sont en revanche déduits du calcul du capital réglementaire.
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