Les contrats de liquidité ne sont pas du goût de l’Esma
L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a jeté une pierre dans le jardin de la Place de Paris vendredi en s’opposantà l’encadrement des contrats de liquidité porté par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le régulateur français peut compter sur le soutien des associations de Place, qui ont été associées à l’élaboration de la nouvelle pratique de marché admise (PMA) devant leur offrir une sécurité juridique au regard du manquement de manipulation de marché. L’Amafi, qui représente les prestataires de services d’investissement (PSI), a ainsi «déploré» hier l’avis négatif de l’Esma, qui «ignore» l’accent mis au niveau européen «sur la nécessité de développer les outils fluidifiant l’accès des PME et ETI aux sources de financement de marché».
Le régulateur européen s’oppose notamment aux dispositions de la période de transition de deux ans proposée par l’AMF, et en particulier aux exemptions prévues aux exigences en terme de transparence, de ressources et de volumes pour les PSI concernés. «L’Esma ne comprend pas les enjeux attachés à la période de transition, regrette Bertrand de Saint Mars, le délégué général de l’Amafi, auprès de L’Agefi. Il s’agit justement pour l’AMF de recueillir des données sur le caractère approprié ou non des limites posées et de mesurer leurs conséquences par rapport aux bénéfices attendus du contrat de liquidité».
Les contrats de liquidités, signés entre des PSI et des émetteurs cotés pour favoriser la liquidité des transactions sur les titres, sont une spécificité française - sur les plus de 450 contrats de liquidité existant en Europe, plus de 400 concernent des émetteurs français. La pratique est encadrée depuis le début des années 2000 en France, mais l’entrée en vigueur de la réforme européenne sur les abus de marché en juillet 2016 a contraint l’AMF à mettre à jour sa PMA, qu’elle a finalement notifié à l’Esma début février.
Les acteurs de la Place de Paris, qui s’étaient montrés unis l’an dernier au cours des concertations menées par l’AMF, n’ont cependant pas encore arrêté de stratégie commune, entre confrontation et conciliation. «La période de transition est utile mais il faut voir si l’on peut en modifier certains points», estime ainsi une personne au fait des discussions, tout en soulignant que l’AMF peut passer outre l’opinion négative du régulateur européen. Cette option, privilégiée par d’autres acteurs à l’heure actuelle, mettrait toutefois l’AMF en porte-à-faux alors qu’elle défend par ailleurs un renforcement des pouvoirs de l’Esma face aux autorités nationales. Le régulateur français doit consulter prochainement les parties concernées pour décider de la marche à suivre.
Plus d'articles du même thème
-
Bpifrance innove avec les premières obligations ESN dédiées aux PME
La banque publique a réussi le 9 juin une émission inaugurale stratégique d’«European Secured Note» (ESN). Ce programme-test pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le financement des PME, si important pour la Commission européenne dans le cadre de l’Union des marchés de capitaux. -
Un homme politique peut divulguer une information privilégiée, sous conditions
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que la liberté d’expression dans les médias peut s’appliquer à un politique, si cette information nourrit un débat public sur une question d’intérêt général, sous réserve de ne pas tirer avantage de cette divulgation et de ne pas induire intentionnellement le marché en erreur. -
L'agrément MiCA devient la meilleure publicité des acteurs crypto
A quelques jours de l'échéance du règlement européen MiCA, les acteurs crypto agréés en font un argument marketing de taille, en espérant rafler les clients et actifs des plateformes n'ayant pas reçu le précieux sésame.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
Sur le filCorse : la France insoumise offre une victoire décisive aux autonomistes
Octroyant un statut d’autonomie à l’île, le projet de révision constitutionnelle défendu par le gouvernement a été approuvé par les députés. Le plus dur reste à venir pour le camp des autonomistes -
L'été meurtrierCongé climatique, virage sur la clim… l'idéologie des Verts à l'épreuve de la canicule
Les fortes chaleurs ont poussé Marine Tondelier, la leader des Ecologistes, à revoir certains dogmes sur l’adaptation au réchauffement climatique. Manifestement pas son rapport à la valeur travail. -
Récit nationalLe message caché de Macron derrière ses panthéonisations
Chaque entrée au Panthéon donne l'occasion au chef de l'Etat de s'adresser au pays pour écrire le récit national d'une Ve République héritière de la Résistance, des Lumières et de l'universalisme