Les chiffres de l’emploi américain alimentent les craintes des marchés
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Valérie Venck
Les Spac ont été le tube de l’année 2020 à Wall Street.
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Photo Nyse.
Les Etats-Unis ont créé beaucoup plus d’emplois que ne l’attendait Wall Street en février, dans un contexte où les opérateurs de marché surveillent le moindre signe de reprise de l'économie après une année de crise. Néanmoins, le taux de chômage dans le pays demeure nettement plus élevé que voilà un an.
Selon les données publiées vendredi par le département du Travail, 379.000 emplois nets ont été créés en février, après 166.000 en janvier. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal s’attendaient à la création de 210.000 emplois nets aux Etats-Unis le mois dernier. Le nombre de postes créés en janvier avait initialement été estimé à 49.000.
«En février, l’essentiel des créations d’emplois sont intervenues dans les loisirs et l’hôtellerie, avec des gains moins marqués dans les services de travail temporaire, de santé et d’assistance sociale, le commerce de détail et l’industrie manufacturière», a souligné le département du Travail dans son communiqué. L’emploi a diminué dans les secteurs de l'éducation, de la construction et de l’exploitation minière, a-t-il ajouté.
Cette évolution reflète à la fois l’importante vague de froid qui a paralysé l’activité économique dans certaines régions, dont le Texas, et la levée de certaines mesures de confinement liées au coronavirus. «La réouverture des restaurants s’est traduite par 355.000 créations d’emplois dans le secteur des loisirs et de l’hôtellerie», souligne notamment Capital Economics dans une note.
La publication du rapport sur l’emploi de février intervient dans un contexte de fébrilité sur les marchés financiers, qui redoutent que la reprise alimentée par l’adoption du plan de relance de 1.900 milliards de dollars proposé par Joe Biden, n’entraîne une accélération de l’inflation qui amènerait la Réserve fédérale (Fed) à retirer sa politique monétaire ultra-accommodante.
Wall Street en baisse
Les marchés financiers évoluent en dents de scie après l’annonce des créations d’emplois de février. Les taux des emprunts du Trésor américain, qui avaient repris leur ascension, se sont encore écartés. A 16h35, le rendement de l’obligation de référence à dix ans évoluait à 1,571%, contre 1,564% jeudi soir et un point haut de 1,614% en séance. Les principaux indices boursiers américains s’essoufflent également, après une ouverture dans le vert. A 17h35, l’indice Dow Jones cédait 0,23%, tandis que le S&P 500 perdait 0,76% et que le Nasdaq chutait de 2,11%.
Le mois dernier, le taux de chômage dans le pays s’est établi à 6,2%, contre 6,3% en janvier. Le taux de chômage aux Etats-Unis s'établissait à 3,5% en février 2020, avant de bondir jusqu'à 14,8% en avril, un record depuis 1948. Les économistes anticipaient en moyenne un taux de chômage stable à 6,3% en février.
Outre ces 6,2% de chômeurs, qui représentent 10 millions de personnes, 6,1 millions d’Américains sont employés à temps partiel mais préféreraient un emploi à temps plein. Par ailleurs, 6,9 millions de personnes, non comptabilisées dans la population active car elles n’ont pas activement recherché un emploi au cours des quatre dernières semaines, souhaiteraient trouver un emploi. D’après l’enquête menée auprès des personnes actives, le nombre de chômeurs « permanents » a également repris un mouvement à la hausse, à 4,4 millions en février après 4,2 millions en décembre et 4,7 en novembre.
Le taux d’activité s’est établi à 61,4% en février, comme en janvier. Ce taux s'établissait à 60,2% en avril 2020, au plus fort de la crise sanitaire, mais dépassait 63% au début de l’année dernière.
La Fed oppose faiblesse de l’emploi et craintes d’inflation
Le président de la Fed, Jerome Powell, a cherché jeudi à rassurer les investisseurs en écartant jeudi le scénario d’un emballement de l’inflation nécessitant un durcissement de la politique monétaire. Lors d’une conférence organisée par le Wall Street Journal, il a insisté sur le fait que l'économie restait éloignée des objectifs de la Fed en termes d’emploi et de hausse des prix.
Dans ces conditions, la politique monétaire actuelle reste appropriée, a souligné le responsable, en jugeant « très improbable » que l’objectif de plein emploi puisse être atteint dès 2021. Par ailleurs, un taux de chômage d’environ 4%, tel qu’anticipé par la Fed pour la fin 2022, ne sera pas nécessairement synonyme d’un retour au plein emploi, a insisté Jerome Powell.
Kevin Warsh, qui passait un «examen» en ouverture du Symposium de Jackson Hole après avoir été critiqué pour son manque de clarté sur l’inflation en juillet, a tenté de se rattraper. Et fait pencher le marché en faveur d’une hausse de taux dès la prochaine réunion.
Les données du rapport Jolts de juin montrent un léger recul des postes à pourvoir mais une hausse des embauches et un nombre de licenciements inchangé. Une bonne nouvelle pour la Fed avant les données de juillet publiées ce vendredi.
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise.
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