Les caisses d’épargne italiennes se désengagent des services de paiement
Le changement de main du groupe financier ICBPI est acté. Propriété de onze banques coopératives italiennes, le spécialiste des services de paiement, de compensation et de gestion de cartes de crédit va tomber dans le giron des fonds américains Bain Capital et Advent, associés à l’italien Clessidra, pour environ 2 milliards d’euros.
«La contrepartie financière sera fondée sur une valorisation de 100% du capital d’ICBPI pour 2 ou 2,15 milliards d’euros, suivant la structure de la transaction», ont précisé les onze actionnaires, qui conserveront 7,9% du groupe pendant au moins cinq ans. L’an dernier, ICBPI a enregistré des revenus de 670 millions d’euros, pour un profit opérationnel de 167 millions.
Alors que Rome a lancé une vaste réforme du secteur coopératif italien, afin de le consolider et de favoriser l’entrée d’investisseurs étrangers, les acteurs tentent ces derniers mois de renforcer leur bilan. «La transaction aurait un impact consolidé (…), en tenant compte du reliquat de participation dans ICBPI, de 217 ou 247 millions d’euros», souligne ainsi le premier actionnaire du groupe, Credito Valtellinese, qui réduira sa participation de 20,39% à 2%. Son ratio CET1 consolidé, qui s’élevait à 11,1% en normes transitoires à la fin mars, serait amélioré de 165 ou 183 points de base.
Ces cessions d’actifs financiers constituent autant d’opportunités pour les fonds de private equity. En octobre, Lone Star avait ainsi racheté les filiales d’assurance de Banca Carige. Epinglée par la BCE à l’issue des tests de résistance, Banca Carige engrangera au moins 24 millions d’euros en cédant les 2% qu’elle détient au capital d’ICBPI. La banque, qui bouclera jeudi une augmentation de 850 millions d’euros, cherche également à vendre sa filiale de crédit à la consommation et sa banque privée.
«Les paiements électroniques demeurent un marché en forte croissance où les investissements et l’innovation sont essentielles», a réagi pour sa part le consortium de fonds. Advent et Bain Capital s’étaient déjà associés en 2010 puis 2014 pour prendre le contrôle du britannique Wordpay, puis du scandinave Nets. Une expérience qui, complétée par la présence d’un fonds italien, leur a permis de se démarquer du tandem britannique concurrent composé de CVC Capital Partners et de Permira.
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