Les banques suisses continuent à détruire des emplois
Les banques suisses n’en ont pas fini avec les restructurations. Au premier semestre, elles ont supprimé 3.454 postes (en équivalents temps plein) sur leur marché domestique, soit une baisse de 4,1% de leurs effectifs locaux sur un an, selon un sondage réalisé pour le baromètre annuel de l’Association suisse des banquiers (ASB) publié hier. Les destructions d’emplois totales sont sans doute supérieures, sachant que ces données sont issues d’un sondage auprès d’établissements représentant 85% de l’emploi bancaire dans le pays. Pour autant, «la tendance en matière d’emploi apparaît stable pour la fin de l’année en cours», estime le lobby du secteur, sur la foi des réponses de ses membres. A l’étranger, les participants aux sondages ont en effet créé 6.757 postes à fin juin.
Remise en cause du secret bancaire
En Suisse, les réductions d’effectifs sont devenue monnaie courante depuis la crise financière. A fin 2015, les banques employaient 103.041 équivalents temps plein sur place, un chiffre en baisse de 1% sur un an, de 6,4% par rapport au pic de 2008 et au plus bas depuis au moins dix ans. Les poids lourds tels qu’UBS et Credit Suisse continuent à tailler dans leurs effectifs (-6.700 postes depuis 2008), tout comme les banques étrangères. Les premiers ont perdu 15% de leurs effectifs depuis 2008 (soit 6.700 postes) et les secondes 25% (5.400 équivalents temps plein).
Face à la remise en cause du secret bancaire suisse, nombre d’établissements internationaux continuent à plier bagage. L’an dernier, huit d’entre eux ont fermé leurs portes, contribuant largement à la nouvelle baisse du nombre total d’établissements, passé de 275 à 266. Royal Bank of Canada a par exemple vendu ses activités locales à Syz & Co, tandis qu’UBP a racheté Coutts International à Royal Bank of Scotland.
Pour expliquer cette attrition, l’ASB pointe «les coûts croissants liés à la réglementation, la compression des marges et les nécessaires investissements technologiques qui accélèrent la mutation structurelle du secteur». Les conditions de marchés (volatilité des Bourses, franc fort et taux négatifs) pèsent sur la rentabilité des enseignes, notamment au sein banques privées genevoises. Dans sa récente étude annuelle sur la gestion de fortune suisse, KPMG prédit la poursuite, voire l’accélération de la concentration des acteurs.
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