Les banques résistent beaucoup moins bien aux stress tests des analystes
Après la publication vendredi des stress tests de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur 90 banques, révélant l’échec de huit d’entre elles, les analystes bancaires ont élaboré leurs propres scénarios, beaucoup plus stricts, conduisant à un nombre plus important de déceptions. Selon les différentes études publiées lundi, les besoins en capital des banques européennes s’étalent ainsi de 22 à 91 milliards d’euros, contre 2,5 milliards d’après l’évaluation de l’EBA.
Le résultat le plus flatteur vient du scénario de la Société Générale. Les analystes de la banque, qui ont resserré l'échantillon aux 40 plus grandes banques cotées (hormis SG), a ajouté au scénario de l’EBA une décote de 50% sur l’exposition aux dettes souveraines grecque, irlandaise et portugaise et une décote de 20% pour les dettes espagnole et italienne. Dans cette situation, 13 banques sur 40 échoueraient au test et afficheraient un déficit en capital de 22 milliards d’euros.
Les projections de JPMorgan incluent à la fois la prise en compte d’un défaut souverain partiel et un niveau de capital plus strict que l’EBA. Au lieu d’un ratio core tier one de 5% comme condition minimale de réussite, les analystes ont préféré retenir un ratio de fonds propres de 7% selon les critères de Bâle 3. S’y ajoute une décote de 40% pour la dette grecque, de 30% pour les dettes irlandaise et portugaise et de 10% pour les dettes italienne et espagnole. Résultat: 20 banques en échec sur les 27 testées, dont BNP Paribas et la Société Générale. Le besoin en capital s’élève ainsi à 80 milliards d’euros.
De son côté, Credit Suisse retient un ratio core tier one de 7% et une décote des dettes souveraines aux prix du marché (voir tableau) sur un échantillon de 49 banques (les plus grandes banques cotées et les dix principales cajas). Dans ce cas, 27 banques n’atteindraient pas le ratio exigé, conduisant à un déficit en capital de 82 milliards d’euros, dont 4,4 milliards pour la Société Générale, seule banque française retenue en échec. D’ailleurs, cette dernière, qui affiche un ratio core tier one de 6,6% dans le test de l’EBA, échoue dans tous les scénarios des analystes cités.
Même méthode pour RBS qui a toutefois étudié l’ensemble de l’échantillon de l’EBA. La banque écossaise parvient à un besoin en capital de 91 milliards d’euros pour les 57 banques n’atteignant le ratio de 7%.
{"title":"","image":"77285»,"legend":"stress tests bancaires»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Vanguard confie à T. Rowe Price la gestion de trois fonds actions
Deux équipes d'investissement distinctes de T. Rowe Price sont concernées. -
Future Group noue un partenariat d'investissement en infrastructures mondiales
Le fonds de superannuation australien a sélectionné un gérant pour investir dans une de ses stratégies de partenariats public-privé avec un biais responsable. -
Bridgepoint poursuit sa diversification avec le rachat de Kayne Anderson Real Estate
L’opération valorise le gérant immobilier américain autour de 1,4 milliard de dollars. Elle portera les actifs de la société d’investissement à 117 milliards de dollars.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Sébastien Lecornu tire un premier bilan de la canicule historique
Le premier ministre a dressé lundi un premier bilan contrasté de la canicule historique, saluant la résilience des services publics mais pointant la fragilité des plus isolés et des hôpitaux face à un risque climatique désormais permanent -
Mirage
Présidentielle : des Français sans illusions
Près de deux Français sur trois ne croient pas que les scrutins présidentiels, puis législatifs permettront au pays de retrouver des repères politiques stables. Selon eux, le travail et l'entreprise ont un rôle à jouer pour « faire société » -
Sondage exclusifValeurs, repères républicains, principes... : « Le sentiment d’une fuite en avant traverse la société française »
A l'occasion des Rencontres économiques d'Aix, les 2, 3 et 4 juillet, dont le thème général est « naviguer dans un monde sans repères », un sondage Odoxa pour Comfluence sur les repères dans la société française révèle que 62 % des Français ne croient pas que 2027 permettra de rétablir des repères politiques stables