Les banques replient les voiles à l’international
Marche arrière toute. Les dernières statistiques trimestrielles de la Banque des règlements internationaux (BRI) donnent une mesure spectaculaire du rétrécissement des bilans bancaires. Au quatrième trimestre, le montant total des actifs (prêts et titres) détenus par les banques hors de leur pays d’adoption s’est réduit de 1.916 milliards de dollars, soit 5,1 % d’un trimestre à l’autre, à taux de change constant. Du jamais vu depuis les premières études de la BRI en 1977.
La faillite de Lehman Brothers en septembre n’explique pas tout. Au deuxième trimestre 2008 déjà, les actifs internationaux des banques s’étaient contractés de près de 1.000 milliards. Outre l’obligation faite aux établissements financiers de purger leur bilan, « cette chute reflète la pression des gouvernements et des régulateurs pour que les banques adoptent un biais domestique, et est aussi un signal clair de la baisse générale de l’offre et de la demande de crédit dans de nombreux pays », souligne Michael Saunders, économiste chez Citigroup.
Détaillées par grands pays, ces statistiques font d’ailleurs écho à la santé des systèmes financiers nationaux. Sur un an, les banques suisses sont celles qui ont le plus réduit leur actifs internationaux (-30 %), suivies de leurs homologues belges (-23 %), néerlandaises (-14,5 %) et allemandes (-8,8 %). Pour les prêteurs français, la baisse est plus limitée (-0,9 %). Mais au quatrième trimestre, en valeur absolue, les britanniques remportent la palme avec 604 milliards d’actifs en moins. Ces chiffres illustrent a contrario la vulnérabilité des pays dont le système financier est contrôlé par des banques étrangères, à l’image des économies d’Europe de l’Est.
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