Les banques françaises vont publier des résultats très contrastés
Le consensus est parfois trompeur. Pour les résultats de BNP Paribas annoncés jeudi prochain, les analystes interrogés par Bloomberg tablent sur un bénéfice net ajusté de 1,47 milliard d’euros, mais visiblement sans prendre en compte l’amende record imposée à la banque par les Etats-Unis. Le consensus recueilli par la banque, que s’est procuré L’Agefi, prévoit en fait une perte de 4,45 milliards d’euros.
BNP Paribas a déjà annoncé une charge de 5,8 milliards d’euros pour s’acquitter de sa sanction de 8,97 milliards de dollars (6,68 milliards d’euros), liée à la violation de l’embargo américain en Iran, au Soudan et à Cuba.
Pour les autres banques françaises cotées, le consensus Bloomberg attend un bénéfice net trimestriel en baisse de 22,5% à la Société Générale, à 857 millions d’euros, stable chez Crédit Agricole SA (Casa) à 673 millions, et en forte hausse de 50,8% chez Natixis, à 302 millions. La filiale de BPCE tire profit de la mise en Bourse de Coface et devrait afficher un produit net bancaire en hausse de 15,9%, à 1,89 milliard d’euros, contre -5,6% chez BNP Paribas et à la Société Générale et -12,4% chez Casa, selon les données Bloomberg. Banque de gros sans réseau de détail, «Natixis bénéficie du dynamisme de sa gestion d’actifs, notamment aux Etats-Unis, et sa BFI est moins corrélée que le reste de l’industrie aux mouvements de marché», estime un analyste.
Ceux de JPMorgan anticipent une baisse de 7% des revenus des BFI françaises, d’un trimestre sur l’autre. «Le biais corporate des banques françaises devrait permettre une relative résilience du FICC (produits de taux, changes et matières premières, ndlr)», jugent leurs confrères de Citi qui ajoutent que la spécialisation de BNP Paribas et de la Société Générale dans les «produits structurés» devrait les protéger en partie de la faiblesse des volumes et de la volatilité des dérivés actions.
Les marges de la banque de détail en France restent aussi sous pression au deuxième trimestre, mais les nouvelles opérations de refinancement de la BCE (T-LTRO) et la baisse du taux du Livret A le 1er août devraient «faire croître les profits du secteur de 3 à 7% au second semestre», anticipe Nick Davey chez UBS.
«La demande de prêts reste en berne en France», prévient toutefois un autre professionnel. Enfin de nouvelles provisions à fin juin ne sont pas exclues dans le cadre de la revue des actifs menée (AQR) par la BCE, par exemple en Europe de l’Est pour la Société Générale.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches -
Laïcité, GPA, fin de vie… Le discours offensif de Léon XIV face à Emmanuel Macron
Reçu à l'Elysée peu après son arrivée à Paris, vendredi matin, le pape a insisté dans sa première intervention sur plusieurs sujets clivants du débat public français.